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Uddur n Umur: Zaid Ouchnna lance l’honneur debout de Zaid Ouhmad:

Après plus de 22 ans de prospection, de minutieuses recherches, sur les hauteurs, dans les détroits, les oasis, des Ighermans et dans les archives françaises et marocaines,  Zaid Ouchna, debout, a rendu un honneur  à la résistance des Amazighs du sud  Marocain contre l’occupant français dans les années trente par un film documentaire intitulé: Uddur n Umur.le film documentaire devrait sortir prochainement dans les salles marocaines.

L’histoire :

Cette histoire s’est déroulée dans les versants Est du haut atlas marocain entre 1933 et 1936. Après la guerre du mont Baddou qui mettait en prise les habitants de cette contrée et l’armée française, les survivants des sédentaires retrouvèrent leurs bourgs. Ils avaient perdu les repères de leur mode de vie car l’autorité coloniale avait pour mission de modifier la norme des valeurs régies, universalistes pourtant. Les Imazighen, jaloux de leur terre et de leur indépendance, habitants les détroits et les massifs tenaient à protéger leur honneur paumé et celui de leur pays à n’importe quel prix. Un homme d’une grande notoriété ; et en chef guerrier tenait le bougeoir seul à l’essor. Il a tenu la draguée haute aux goumiers partisans marocains et aux militaires français par l’usage superbement intelligent des moyens les plus irréductibles. Il deviendra un stigmate emblématique voire une légende pour toute une population à l’époque et à toutes les générations qui ont suivi. Ce documentaire remontre les traces de l’histoire et la cavale de Zaid Ouhmad – c’est son nom- sa vie dans le maquis, l’enchaînement des attaques qu’il a perpétré et les circonstances de sa mort avec des preuves tangibles sur le terrain, des témoignages et des archives.

Zaid Ouhmad

Zaid Ouhmad Oumakhdach, est né aux environs de 1888 à Ighrem (le bourg) de Iqdman dans la commune de Ayet Hani, une région de sud-est du Maroc à la province à l’époque de Ksar es-souk, actuelle « Errachidia ».

L’endroit est un plateau de manchon des montagnes du haut atlas-Est. C’est le pied des monts célèbres Baddou et Hamdoun, lieux de la guerre qui opposa le « bloc Merghad », particulièrement quelques divisions, à l’armée française composée de goumiers, de Tabors et des mercenaires de tout genre.

Comme tous les enfants de la paroisse, il s’est élevé dans la candide légende frange des groupes social des Amazighs, de la maxime fédération des Ayt yaflman ; mais aux origines de la confédération mère des Ayt Ätta. L’idéal de la vaillance, le sens de l’honneur, la probité et les valeurs éclectiques en sont ses appuis de base. La tradition se transmet du père en fils chez ce ruban : le sous-groupe auquel appartient Zaid Ouhmad.

Il est grand de taille, blanc et au regard vif. Il s’habillait toujours proprement avec, selon les saisons, Aqidour (une sorte de djellaba sans capuchon avec ouverture sur l’épaule) ou alors « Tazerbiyet » : une djellaba en laine de mouton de fabrique et de motifs du groupe social du bercail. Parfois, il met sur sa tête une toque de tissu jaune teintée à la manière Amazighe. Il rase souvent le crâne et tailla finement jusqu‘à peine visible la barbe. Il a une grande notoriété auprès des habitants de toute la vallée gorgée des bourgs ou Igherman par la force de son génie agréable et plein de verve. Il est intègre et est toujours consciencieux dans tout ce qu’il entreprenait.

Zaid Ouhmad lui, se distingue dans la poursuite des mots, à la virée des sens, pour faire parvenir validement à son prochain son épître. Cette justesse se coche également chez lui dans le jeu de tir largement répandu chez les disciples. Il a une vue perspicace au point de voir une aiguille dans la paille ! Il est donc un tireur d’élite qui ne rate jamais sa cible.
Il avait du courage à en troquer, Ses amis intimes disaient d’ailleurs de lui : « Zaid ne savait pas si les balles tuent ! ».
Son histoire commença au mois de Mai 1933 quand les habitants vidaient leurs demeures et fuyaient leurs bourgs. Arme à la main, femmes et enfants devant, ils se dirigeaient tous vers une seule et même direction :Le Kerdous à l’abri de la barrière des monts Hamdoun et Baddou.

De la corvée à  la resistance:
La France vouée à anéantir le dernier bastion toujours insubordonné selon des idées prônées, descendra de tout son poids. Le 3 Aout 1933, cinq généraux attaquaient la montagne de Baddou dans tous les cotés. Le général Hure du côté de Tinghir, De Bouisson venait de Taâdadat au Kerdous, le général Guirou venait de la rive d’Imtghern, le général Goudot venait de la rive de Tizi n Hamdoun, et les forces de Marrakech et Meknes réunies, attaquaient du côté de l’Amdghos.Le Colonel Maratucch, attaque le plateau d’Itto-Fezzou. Le ciel quant à lui, il pleuvait des bombes.
Pendant ce temps, les résistants occupaient des sites sensibles à savoir ; Tizi n Ougwelzi donnant sur Tamtettoucht, L’Abadou pour Igwedman, la crête d’Akjjiwn dominant Aghbalou. Au sud, ils occupaient Tadawt n Iserdan ; au Nord le groupe de Tiydrin surveillait Ârid à 10 km d’Assoul ou siégeait déjà un poste de l’envahisseur.
De toute évidence les patriotes qui n’avaient alors que des armes à répétitions perdaient des centaines de leurs braves ; mais aussi des enfants, des femmes et des vieillards.
L’armée française, en effet, a finalement pris le dessus à cause du nombre et la qualité moderne de son arsenal militaire. Une défaite que Zaid Ouhmad, et d’autres compagnons d’ailleurs, n’ont pas pu digérer eue égard à la participation d’autres marocains dans les rangs de l’occupant.
Pour Zaid Ouhmad et compagnie, la norme se transplante alors que le précepte et ses résolutions s’estampent. Ils privilégiaient la mort à la montagne plutôt que d’être dans une huche de cette trempe.
Que veut la France précisément ? A qui profites ces massacres d’enfants, de femmes et des vieillards sans défense ? Quel était donc le crime de ces Imazighen logeant pourtant les hautes cimes difficilement hospitalières ? Toutes ces interrogations faisaient l’objet des conversations des habitants de la gorge et vont bon train devant les péristyles immenses mais sans puissance.
Entre temps, le troisième volet de l’épouvantable prend effet pour des fins de soumission dans l’immédiat et stratégique à la longue. L’autorité, déclarée, ouvre des chantiers de chaussées pour ses liaisons entre Assoul et Goulmima d’une part et entre Ayet Hani – Amdghos de son vrai nom- et Tinghir de l’autre. Les passages doivent traverser les détroits en serpentant le long des colliers de Ghriss et de Toudgha. Elle exige également l’implantation des piloris pour des motifs des installations téléphoniques aux fins des communications des alertes.
La main d’œuvre était fructueuse, elle est employée dans un système dit : « corvée » ; c’est à dire travailler sans être rémunérer. Les travailleurs étaient choisis aux seins des survivants, ruinés pourtant, qui descendaient du mont Baddou ; et même les enfants des disparus dans les combats sont écorniflés.
Entre temps, le troisième volet de l’épouvantable prend effet pour des fins de soumission dans l’immédiat et stratégique à la longue. L’autorité, déclarée, ouvre des chantiers de chaussée pour ses liaisons entre Assoul et Goulmima d’une part et entre Ayet Hani – Amdghos de son vrai nom- et Tinghir de l’autre. Les passages doivent traverser les détroits en serpentant le long des colliers de Ghriss et de Toudgha. Elle exige également l’implantation des piloris pour des motifs des installations téléphoniques aux fins des communications des alertes.
La main d’œuvre était fructueuse, elle est employée dans un système dit : « corvée » ; c’est à dire travailler sans être rémunérer. Les travailleurs étaient choisis aux seins des survivants, ruinés pourtant, qui descendaient du mont Baddou ; et même les enfants des disparus dans les combats sont écorniflés.


Un jour d’après, il n’était pas de service – plutôt de corvée- il se leva très tôt le matin et part rendre visite à un de ses amis dans l’Ighrem de Igwdman à Aghbalou n Kerdous loin de quelques kilomètres de sa résidence. On l’appelait Oumerkhouch. Avec un autre groupe, ils s’entendaient parfaitement dans l’art de combattre.
C’est ainsi que commença, la guérilla de Zaid Ouhmad et qui allait durer plus de deux ans. Zaid Ouhmad avait mis en péril toutes les forces de l’occupant dans toute la région par l’usage superbement intelligent des moyens les plus irréductibles et d’une audace inouïe !
Cette histoire donc retrace en détails tous les événements survenus et des attaques réalisées de 1934 Jusqu’au mois de Mars 1936. Il a d’abord commencé par attaqué l’officier Frementin (Krauman) de l’armée française responsable de la zonne Amdghos (actuel Ayt Hani) ; avec la complicité de son compagnon de guerre Oumerkhouch. Ils regagnent les massifs protecteurs ; mais base arrière des préparations des opérations à perpétrer. Zaid Ouhmad reçoit la visite inattendue au mont Baddou d’un jeune homme d’à peine 17 ans dit Said Ouhmad Outararout. C’est un ex berger qui maitrise parfaitement le terrain de toute la région. Zaid Ouhmad découvre aussi que son hôte possède aussi un atout majeur. Avant de rejoindre le maquis, Said Ouhmad, ramenait du bois de de la montagne à dos de son propre mulet pour le chauffage des militaires français à la caserne d’Assoul.

On lui avait donné un laisser-passé pour traverser tous les barrages. Pour Zaid Ouhmad, ce bout de papier est une bénédiction ! Avec le jeune homme, il enchaine contre l’armée française des attaques d’une audace et d’une intelligence inouïes. Ils ont d’abord attaqué un convoi de logistique, pour leur propre ravitaillement, aux gorges de Toudgha. Puis, ils ont exterminé toute une section de militaire, lancée à leur recherche dans le massif, par l’usage superbement intelligent de l’écho des falaises ! De temps à autre, Said Ouhmad menu de son laissé-passé, ramène de Tinghir des provisions et des renseignent sur les mouvements des militaires. Grâce à ces données précieuses, Zaid Ouhmad a pu jouer sur le psychique de ses adversaires, et a perpétré des attaques précises et ciblées. Ils ont semé le doute et les soupçons dans la caserne des militaires à Tinghir par l’usage de la milice de « l’ex berger » Said Ouhmad qui a osé côtoyer en tête le capitaine Paul (Boula), au Sopuk de Tinghir. Ils ont attaqué la cantine des légionnaires à l’heure juste de rassemblement des couleurs.

Plus tard, ils ont changé des lieux en descendant vers l’aval, car la montagne enneigée ne plaide plus en leur faveur à cause des traces. C’est ainsi qu’ils ont attaqué une Jeep d’officiels entre Errachidia et Goulmima.

 

 

 

 

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