Acceuil / Culture / Pas vers l’altérité :l’identité, et le besoin

Pas vers l’altérité :l’identité, et le besoin

Article écrit par: Mohsine KHROU

Il va sans dire que l’Altérité fut, il y a longtemps une question philosophique qui ne cesse d’écraser l’esprit de tout individu qui s’intéresse à la philosophie ou toute autre forme d’expression.
Parler de l’altérité est avant tout aborder une grande problématique qui suscite beaucoup d’avis. L’Altérité désigne le caractère de ce qui est autre ou la reconnaissance de l’autre dans sa différence, aussi bien culturelle que religieuse.
Force est de remarquer que l’homme toujours se prend à parler pullulement de l’Autre. Moi et l’autre présente une nécessité indispensable pour le vivre ensemble pour le respect de l’autre tel qu’il est et non pas comme on souhaite le voir. Lesquels mieux qu’autrui aurait professé au semblable son propre être ?
Et qui dit Autre dit forcément Moi dans un sens relationnelle et interculturelle et ipso facto l’expérience de l’altérité est une entreprise d’être. Toutefois la question qui taraude notre esprit au sens pascalien du terme est-ce l’homme libre et ne rétrécit pas la liberté de l’autre comme différent.
Si nous replongeons au XVII siècle, surtout avec le philosophe pascal, qui est le premier à nominaliser le Moi, on trouve qu’il s’interroge avec acuité comme suit : « Qu’est-ce que le moi » ?
« Un homme qui se met à la fenêtre pour voir les passants ; si je passe par là, puis-je dire qu’il s’est mis là pour me voir ? Non ; car il ne pense pas à moi en particulier ; mais celui qui aime quelqu’un à cause de sa beauté, l’aime-t-il ? Non : car la petite vérole, qui tuera la beauté sans tuer la personne, fera qu’il ne l’aimera plus.
Et si on m’aime pour mon jugement, pour ma mémoire, m’aime-t-on, moi ? Non, car je puis perdre ces qualités sans me perdre moi-même. Où est donc ce moi, s’il n’est ni dans le corps, ni dans l’âme ? Et comment aimer le corps ou l’âme, sinon pour ces qualités, qui ne sont point ce qui fait le moi, puisqu’elles sont périssables ? Car aimerait-on la substance de l’âme d’une personne, abstraitement, et quelques qualités qui y fussent ? Cela ne se peut, et serait injuste. On n’aime donc jamais personne, mais seulement des qualités.
Qu’on ne se moque donc plus de ceux qui se font honorer pour des charges et des offices, car on n’aime personne que pour des qualités empruntées. »
De cette fameuse citation nous pouvons tirer plusieurs questions qui vont toute au courant le plus large de la notion du « moi ». On voit d’ordinaire que le « moi » évoque une personne en son intégrité et qu’il est donc facile à trouver. Pascal veut au contraire montrer que le « moi » est rare et introuvable, parce que, selon lui, il représente la substance qui demeure permanente au sein d’un être changeant. Cette citation aussi renforce l’idée de la rencontre de Moi avec Autrui, à la fois semblable et différent de Moi, qui créera certainement une interaction et un échange ou partage, c’est la nécessité alors de l’autre qui s’implique pour atteindre le Moi.
Autrui, le différent, ce qui m’est allogène, un Moi qui n’est pas Moi et qui se prétend toutefois mon semblable.
A l’égard de ce sujet Levinas dans Ethique et Infini décrit la véritable relation. « C’est une relation qui ne neutralise pas l’altérité, mais qui la conserve. L’autre en tant qu’autre n’est pas un objet qui devient nôtre ou qui devient nous. L’autre, au contraire, se retire dans son mystère » .
En plus l’altérité est une interrogation sur des problèmes humains et existentiels. Si je dis que je suis Arabe et rien que ça, ça c’est malheureux, si je dis que je suis Amazigh et rien que ça c’est pire, ou bien je suis Musulman est c’est tout, ça c’est miséreux mais il faut dire je suis toutes ces trace qui constituent mon identité dialectique.
Abdelkébir KHATIBI
« Si nous acceptons l’idée d’une identité qui n’est plus fixée au passée, nous pourrions aboutir à une conception plus juste, celle d’une identité qui est en devenir, c’est-à-dire qu’elle est un héritage de traces, de mots, de tradition se transformant avec le temps qui nous est donné à vivre, avec les uns et les autres » .
Dans ce contexte, Khatibi a fait recours à la question de l’identité, en rapport entre le Maghreb et la France, et ce de façon à ce qu’un concept multiple et pluriel d’identité convienne aux deux cultures». Et il ajoute dans une autre page « un homme qui ne survit que grâce à son passé lumineux est comme un mort pétrifié, un mort qui n’aurait jamais, en quelque sorte vécu. » La force de vie d’une civilisation ne demande pas l’intégration du religieux au cours de la construction de cette civilisation. A. Khatibi, appuie beaucoup sur la notion de « devenir ».Parce que le Maghreb est souffre d’un retard historique, nous somme en 2018, et nous avons les même idées, les mêmes traditions, les mêmes coutumes, les mêmes croyances comme si c’était le cas du XVII é siècle français.
Force est d’avancer que nous sommes des êtres humains qui représente un monde, pluriel un être multiple. Cependant, on constate que pour une certaine société close, elle refus cette pluralité malheureusement ce qui nous réunissent c’est le vivre ensemble et non pas le racisme.
Dans ce sens, Todorov avance dans le cadre de la différence entre sujet et objet : « il faudrait bien remarquer que l’autre n’est pas une unité totale, ni le soi identique ou même ».
En partant de Cette logique de l’Altérité que l’idée de la représentation de l’autre comme prorogation du Moi, il s’agit de la reproduction de ce qu’on peut appeler l’écart. S’interroger la question de l’Altérité nous conduit également à évoquer des philosophes comme G. Deleuze qui a écrit dans le sens de l’exclusion de l’autre en raison de son statut indésirable : « toute erreur des théories de la connaissance c’est de postuler la contemporanéité du sujet et de l’objet, alors que l’un ne se constitue que par l’anéantissement de l’autre ».
Il est essentiel de signaler que l’être humain a beaucoup besoin de cette unanimité pour se différencier des autres comme le dit Amin Maalouf son essai Les Identités meurtrières « mon identité est ce qui fait que je ne suis identique à personne »Mais la diversité sert aussi l’unité, parce que nous sommes diamétralement différents les uns des autres, et du coup on doit se dialoguer et négocier dans le dessein d’ arriver aux points collectifs qui nous assemblent tous dans le cadre de l’altérité.

La conclusion en fait ne conclut pas, elle ouvre, à coup sûr, des grandes questions et des débats. L’Altérité est une problématique qui confronte toute personne dans la vie, il s’agit d’un dialogue entre le peuple dans le but de se familiariser avec d’autre religion, d’autre culture et d’autre civilisation. L’Altérité est un voie qui se fixe pour objectif de tisser entre des cultures.
Tout compte fait, plusieurs questions s’imposent à tout mur esprit qui s’occupe de cette notion susmentionné. Est-ce qu’on est vraiment au temps d’alors à même de freiner la roue du train-monde qui va vers la faillite et la chute totale de l’humanité ?

[1] – Pascal, Pensées, “Qu’est-ce que le moi ?

[2]http://artflsrv02.uchicago.edu/cgibin/philologic/getobject.pl?c.5:593.encyclopedie0513.4019678consulté le /03/2016 à 00 :16.

[3] Abdelkebir Khatibi « penser le Maghreb » Ed. Smer. Rabat. P. 55

[4]  Ibid.  p.83

Lire aussi

La voie de la différence,le chemin de la richesse!

Par : Hassan BAOUALI Nul ne peut nier que la différence soit une voie royale vers …