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L’eau et l’agriculture oasienne à Dra-Tafilalet

Un essais rédigé par le professeur: Abdeslam Ouhmid

Drâ-tafilalet, une région pas comme les autres, connue depuis des lustres par son aspect agricole et ses produits naturelles qui dépassent les limites de cette région et vont au-delà des frontières de notre nation pour s’étendre au niveau internationale et universel. Surtout avec ses produits de terroir riches et variés comme les dattes, les pommes, le safran et l’huile d’olive entre autres traduisent l’importance de la région qui renferme des potentialités agricoles nombreuses et des opportunités d’investissements prometteuses.
Toutefois ce domaine pose de nombreuses interrogations et questions à venir. Notre recherche alors vise clarifier et mettre à nu la relation Eau et Terre au niveau de cette région paradisiaque.

I. Terre & eau
A. Comme  Agriculture :
Elle s’agit d’un domaine vaste et riche aussi, qui joue un rôle tellement intéressant à l’échelle mondial surtout qu’elle entre en interaction avec de nombreux autres champs. Cependant ce qui nous intéresse ici spécifiquement c’est sa relation avec l’Eau, sachant que les recherches montrent qu’à l’échelle mondiale, l’agriculture est le secteur qui consomme le plus d’eau, ce qui postule alors une recherche approfondie de cette relation naturelle et directe.
Parlant au niveau mondial tout d’abord, « Avec 70 % de la consommation mondiale d’eau, l’agriculture est sans conteste le secteur d’activité le plus consommateur d’eau. Depuis le début du XXe siècle, la superficie des terres cultivées en général, et celle des terres irriguées en particulier, a beaucoup augmenté pour faire face à l’accroissement de la population et des besoins alimentaires. La consommation mondiale d’eau pour l’agriculture a ainsi été multipliée par six entre 1900 et 1975. » ; ainsi l’intérêt à l’agriculture augmente au fur et à mesure que l’être humain persiste et la démographie s’accroît, en effet la consommation de l’eau pour l’irrigation se multiplie avec les superficie vaste qui s’étendent de plus en plus dans le monde.
Passant alors au niveau régional, Drâa-Tafilalet, une zone d’environ 1,63 million habitants où les oasis occupent 88 pc de la superficie, la région dispose donc d’un capital précieux et d’un fort potentiel agricole qui constitue d’ailleurs la richesse des populations locales à charge pour les opérateurs économiques de saisir ces opportunités et de contribuer au développement durable de la région, l’ORMVAT affirme dans ces recherches que « La superficie globale de l’arboriculture s’élève approximativement à 79000 hectares et sur ce total, le palmier dattier occupe 48 pc. » ; une superficie vaste et normale par rapport au taux des habitants qui s’adonnent à l’agriculture comme source de vie dans cette région. En plus « La région de Drâa-Tafilalet produit chaque année une moyenne annuelle de 85000 tonnes de dattes (soit 85 pc de la production nationale), un fruit très énergétique, apprécié à travers le monde et connu sous l’appellation “Fruit du paradis”, compte tenu de sa richesse en minéraux, en fibres et en vitamines entre autres. L’olivier constitue aussi l’un des produits de terroir qui font la richesse de la région. En termes de superficie, il vient en seconde position juste après le palmier dattier avec environ 19200 ha. De nombreux experts en agronomie et hydraulique affichent leur optimisme, notant que les atouts considérables dont dispose la région lui promettent un avenir prometteur. » ; voilà quelques informations concernant les deux produits les plus connus de la région Drâa-Tafilalet avec des chiffres très élevés, ce qui nécessite une intervention pour renforcer leur production, tenant compte qu’au niveau de la région les moyens d’irrigation et d’agriculture utiliser sont encore traditionnels.

B. L’eau
L’autre visage inséparable de l’ agriculture est l’eau, un facteur inséparable pour une l’épanouissement de ce secteur objet d’étude, en fait la situation de l’agriculture et son rendement sont liés intimement aux sources hydrauliques, « Pour l’agriculture, l’eau constitue une ressource indispensable, sans laquelle aucune production n’est possible. Il importe par conséquent de la gérer et de l’utiliser de manière optimale afin de permettre à cette activité de satisfaire sa mission première : nourrir sainement la population en garantissant les autres usages de l’eau et les impératifs sanitaires, tout en respectant les équilibres naturels » ; de cette sorte une bonne gestion de cette richesse ne peut qu’être à la faveur d’une agriculture progressive et prometteuse. Toutefois ce facteur reste toujours une menace au niveau mondial ainsi qu’au niveau régionale où les statistiques reflètent un manque monstrueux et incapacité de répondre aux besoin de l’agriculture à venir, une recherche menée par ’ORMVAT des taux de remplissage du barrage HASSAN Addakhil de 2008 à 2012 affirmait qu’on 2008 l’eau remplissait environ 168Mm3, en 2009 c’était 290Mm3, en 2010 il régressait un peu à 249Mm3, alors qu’il a connu une chute en 2011 à 177Mm3, en continue sa descente en 2012 à 134Mm3, des chiffres affreux qui appellent à des interventions immédiates pour résoudre ce problème des ressources d’eau qui ne cesse de s’évaporer et décliner avec le temps, face à la vastitude des terrains agricoles « Le potentiel agricole de Drâa-Tafilalet est appelé à croitre dans les prochaines années et ce pour plusieurs raisons: L’étendue des terrains fertiles destinés à l’agriculture, une situation confortée par l’augmentation de la capacité de rétention des eaux d’irrigation » et pour son augmentation une intervention au niveau des ressources hydriques parait insurmontable «Aussi, la sécheresse hydrométrique commence à se manifester, les apports d’eau du barrage Hassan Addakhil étant déficitaires de 50 pc par rapport à la moyenne annuelle et sa retenue actuelle est seulement de 27 pc. » , face à cette pénurie l’avenir de l’agriculture sud-est reste ambiguë et insécurisée. Qu’on fait-il pour sauver la région ?
C. Intervention
Face aux conditions défavorables, l’état se trouve forcée d’intervenir pour sauver l’agriculture en adoptant de nombreuses méthodes et plans.
Dans la région Drâa-Tafilalet, plusieurs projets ont vu le jour dans le cadre du Pilier II du plan Maroc Vert qui visent « un accompagnement solidaire de la petite agriculture, permettent par la même occasion la modernisation des pratiques et un développement rural intégré. En effet, l’agriculture représente plus de 90% de l’activité économique de la province et 60% de la population travaille dans le secteur qui procure environ 5 millions de journées de travail. » , PMV mènera une politique de secours en aidant tout d’abord les petites agriculture qui se répandent tout au long de la région, c’est dans ce cadre toujours qu’un projet pilote de valorisation du gombo a été lancé dans la petite commune rurale de Ksar Essifa, dans la province d’Errachidia.

Encore Les ressources en eau proviennent essentiellement des trois cours d’eau principaux, les Oueds Ziz, Ghéris et Guir et de la nappe phréatique, constituant ainsi, cinq catégories de ressources: – les eaux de crues – les eaux pérennes – les eaux des khettaras – les eaux de pompage – les eaux du Barrage Hassan Addakhil La région a bénéficié de la réalisation d’une importante infrastructure d’équipement hydraulique mise en place depuis plusieurs siècles par les agriculteurs et renforcée par les Pouvoirs publics depuis l’indépendance. Depuis l’évènement de la sécheresse qui a sévi dans la région pendant les années 1980, des efforts exceptionnels sont déployés pour améliorer encore plus la mobilisation de toutes les ressources en eau potentielles et mieux les exploiter, ils portent sur :

L’AMÉLIORATION DE L’EXPLOITATION DES RÉSEAUX D’IRRIGATION:
  1. Gestion de la retenue du barrage
  2. Programmation des irrigations
  3. Gestion des eaux de crues

LA MAINTENANCE DES RÉSEAUX ET LES ÉQUIPEMENTS HYDRO-MECANIQUES

Amélioration de l’efficience globale des réseaux d’irrigation par :
  1. Le reprofilage et réfection des supports des canaux
  2. Programmation des irrigations.
  3. Gestion des eaux de crues

LA MAINTENANCE DES RÉSEAUX ET LES ÉQUIPEMENTS HYDRO-MECANIQUES
Amélioration de l’efficience globale des réseaux d’irrigation par :

  1. Le reprofilage et réfection des supports des canaux.
  2. Maintenance des équipements hydromécaniques.
  3. Reconditionnement et entretien des stations de pompage.

En plus lors d’une visite de Mme Afailalla, secrétaire d’Etat chargée de l’Eau, qui s’exprimait lors du conseil d’administration de l’Agence du bassin hydraulique du Guir-Ziz-Rhéris (ABHGZR), a souligné que son département examine également la possibilité de construire de nouveaux barrages de grande et petite taille au niveau du bassin hydraulique du Guir-Ziz-Rhéris.
N’oubliant pas que Pour sa part, le directeur de l’ABHGZR, Abderrahmane Mahboub, a présenté à cette occasion les axes du plan d’action de l’agence au titre de l’année 2018.

Le premier axe vise la limitation des effets de la sécheresse à travers la réalisation des travaux de reconnaissance des nappes phréatiques, la construction des seuils de recharge artificielle de la nappe, la réalisation des études de faisabilité des petits barrages et l’installation de matériel automatique pour le suivi du climat et du niveau piézométrique dans les zones d’action de l’ABHGZR.
Le deuxième axe, a-t-il dit, porte sur la protection contre les inondations par le biais de la réalisation des études et des travaux de protection, ainsi que l’extension du système d’alerte.

Ainsi Drâa-Tafilalet se trouve au centre de nombreux projets capables d’ouvrir de nouveaux horizons devant un tel domaine sensé épanouir la région ainsi que la nation et améliorer la situation d’une région verte depuis sa naissance et qui résiste de garder son aspect verdoyant jusqu’à nos jours.

Ref:

https://planet-vie.ens.fr/content/eau-activites-agricoles www.agrimaroc.maibidemLa gestion et l’usage de l’eau en agriculture, Florence Denier-Pasquier, avril 2013, p.04, version électronique www.agrimaroc.mahttp://www.mapexpress.ma/actualite/opinions-et-debats/au-ciel-de-draa-tafilalet-la-secheresse-pointe-a-lhorizon-sonne-lheure-de-la-mobilisation/www.leconemiste.com www.ormvatafilalet.ma www.mapecology.ma

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