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le silence enterré

Par:Mohsin kharou

D’aucuns ne peuvent démentir que tout temps est destiné inéluctablement à vivre une grande question cruciale dans l’évolution de son histoire. Il va sans dire que la résolution d’une interrogation relative à un temps donné demeure à l’origine de sa grandeur ou sa bassesse. Autrement dit, depuis des lustres on affronte une problématique majeure qui n’est autre que le silence enterré.
Le présent article se propose de présenter la pensée du silence. C’est une question qui me paraît un peu difficile en raison de ce qu’elle recèle de complexité et d’ambiguïté. Il s’agit d’un sujet philosophique au sens propre du terme qui dépasse tout ce qui est habituel.
Pourquoi alors le silence? Le silence demeure enterré? Peut-on agir pour modifier la figure de ce monde?
Globalement, le silence est défini par la négation ou l’absence, contraire à la parole – « fait de ne pas dire, de rester sans parler ; de ne pas exprimer un point de vue, de ne pas même répondre », et j’en passe.
Le silence est un sentiment qui existe en soi, qui ne peut pas projeter au sens existentialiste du terme. Penser le monde ça ne veut pas dire penser le silence, en croisant les bras, on ne bouge pas, on ne réclame jamais malgré cet opprobre qui règne dans le monde entier d’une manière globale et notre pays d’une manière particulière. Ceci dit que sous cette tyrannie des litiges, des conflits, du capitalisme, du colonialisme, de l’individualisme et d’autres phénomènes aussi individuels que collectifs sont autant de facteurs qui font éveiller chez l’Être humain des questions à propos de l’essence de la vie. À vrai dire avec le silence, la vie ne vaut pas la peine d’être vécue. Si Aristote dit que la vie sans épreuve n’aura pas la peine d’être vécue et que pour Camus « la vie ne vaut pas la peine d’être vécue », dans le cadre d’une vision Nihilisme, nous en tant que monteur nous pourrons dire que l’existence du silence prive à bien des égards l’évolution de la vie humaine et ipso facto notre vie ne mérite pas d’être vécue ,nous avons besoin de ces citations dans l’intention d’insister fortement sur le discours audacieux, comme le motif qui pousse tout homme à mener à bien sa vie tout en essayant de réaliser les espoirs et les vœux.
Le silence est un phénomène qui menace le droit de l’autre, le développement, le dialogue, il est aussi une arme terrible pour celui qui sait l’utiliser. « Par extension, le silence désigne aussi l’absence de l’expression par  ». Le bruit s’associant au désordre et à l’agitation, le silence s’associe à l’inverse au calme et à la tranquillité.
Au temps d’alors, on remarque que les hommes se taisent devant un certain nombre de phénomènes ayant dépecé les voix et comme vous savez vous taire est la pire des attitudes .cela revient à dire que l’homme vit sous la tyrannie des forces invincibles de ces phénomènes-là. Partout, l’homme meurt sans savoir pourquoi ou pour quelle raison précise à cause du silence.
Stricto sensu, la philosophie du « silence » pense la relation de l’homme au monde et à la société. Ce monde qui est labyrinthique et brut et dont l’homme s’efforce de comprendre le sens doit être pour ce faire transformé en un univers adapté à son être et à sa conscience et partant à parler et non de rester se taire. Mais la question qui toujours tourmentée les esprits se présente comme telle :
Peut-on parler du silence sans apaiser la pensée?
De ce fait, force est d’avancer que le silence se voit comme un sentiment né de la peur de l’homme face au monde. Le monde dont je parle ce n’est pas le monde que vous connaissez, il s’agit notamment de tous les discours ayant pour finalité de religion et la pensée. Ainsi, « Il ne faut ni trop parler, ni se taire sans cesse, entre les deux se trouve la sagesse » disait Publilius Syrus.
Le souci qui écrase notre esprit c’est les années qui sont déjà passées sans nouveaux, nous avons les mêmes idées les mêmes pensées , les mêmes traditions, c’est pour cette raison qu’on est toujours arriéré nous décidons à écrire dans l’intention de faire face à toute une condition humaine marquée par une sorte d’ignominie et d’indignité pour l’humanité et pour éveiller l’homme pour penser ou plutôt repenser notre monde et qui dit penser le monde dit forcément penser l’homme parce que toute interrogation qu’on pose au temps d’alors doit avoir pour finalité l’homme en raison de ce qu’on voit lui arriver du désastre. Mais malheureusement en vain. Car on est dans un pays où les gens sont arrimés au passé. Nous sommes ici contre la déshumanisation, contre la dépersonnalisation et le dé-particularisation de l’homme comme étant un être humain libre. Ainsi pour le dire nettement dans les termes de la philosophie, le silence enterré désigne qu’on est d’accord avec tout ce qui se passe au temps d’alors. Philosophiquement parlant le repos du silence c’est le non- agir en repos, c’est le non-être en mouvement qui différent, et du coup l’être en repos c’est l’autre être en mouvement, c’est le silence.
Notre article , on le dit modestement, n’a abouti à aucun résultat sinon seulement à des questions qui attisent de nouveau notre désir insatiable qui soit pour lancer de nouvelles problématiques qui vont au courant même de notre souci. De là il est loisible de s’interroger, du fond, en tant que des –êtres humains condamnés, malgré eux à vivre leur vie, sur une possibilité d’échapper aux jougs imposés par la vie.
Alors est-ce que l’être humain peut en quelque sorte parler pour changer le monde ou il sera soumis à la fameuse citation d’Edgar Morin qui dit « attends-toi à l’inattendu ».

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