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Le pays de mon cœur, 3 eme partie

La saveur d’une époque
La foule bouge sans cesse à l’approche du grand moment; tant de jouissances, tant de bonheur; certains souvenirs m’emportent.
Durant mon enfance; ont régné des héros, issus à même cette terre; et qui vivaient au long de certains contes que .ma mère me racontait.
Elle parlait toujours de cet exil, l’un des plus tristes destins; et aussi des bombardements.je me suis toujours posé la question sur les raisons que se font les gens à cette époque, de cette guerre et surtout comment ils percevaient ces attaques et ces bombardements d’avions, eux qui n’avaient jamais vu que des oiseaux dans le ciel.
Mon père lui, il aimait parler des histoires dont il a été mêlé .sans s’ériger en héros; mais dont il en tire vanité comme même. J’éprouvais un plaisir immense à entendre ces histoires, qui se sont déroulées’ à même ce lieu; ce climat d’agitation, des Expulsions des vaincus, le partage de leurs terres; ces terres devenues depuis arides et agonisantes, et qui vivent dans les cœurs de ces hommes et femmes; qui luttent pour survivre et durer, en tant que communauté brave et libre; avec cette vitalité, qui ne cesse de grandir avec l’espoir d’aboutir.

Ssi Moha
Ses élèves eux, se disputent la première rangée de la classe.
Toute présentation de ssi Moha reste incomplète; et partiel .lucide pour certains; incompréhensible pour les autres.
Cela relève de ses acquis intellectuels et de sa vision qu’il se fait de l’histoire de cette communauté tribale, et surtout de cette flamme qui brûle toujours ,et lui éclaire ses sentiers; et nourrissent d’autres, idéales à réaliser.
L’intellectuel organique, comme ses amis aiment l’appeler; depuis qu’ils étaient étudiants. Ces temps-là sont révolus, lui il en garde des stigmates et beaucoup de très beaux souvenirs.

les jugements forts qu’il porte à certains sujets : à savoir plusieurs pratiques qu’il considère comme intrus, et qui infectent, la continuité des valeurs de cette communauté » à caractère tribal. Et que les autres s’essoufflent à rendre comme une exigence de l’évolution, lui vaut de toutes les accusations, et parfois même des injures.lui il ne compromet pas ses principes..
Aussi c’est à force de le voir laisser pousser sa barbe, sans jamais la retracer, et pourtant tout ça n’est rien; ce sont ses propos sur la dégradation collective de l’identité qui le laisse à la marge de cette communauté;
pour moi c’est toujours une intimidation .ou plutôt d’une hypocrisie sociale dont soufre tous les intellectuels.et on finit toujours par se relever des ses blessures.
Lui, il maintient son moral; il a un but à atteindre; c’est un choix délibéré
Il sait bien qu’il est un trouble fêté.aux yeux de ceux qui ont un œil sur ce qui se passe.
Pour lui, l’important c’est la dignité, qui veille a ce que l’être humain ait conscience de ce qu’il est, de sa dimension .dans ce petit, monde beau; et terrible
Zaid
Voué à mes soucis,je contemple, ces vagues de femmes et d’hommes qui viennent s’échouer sur le petit mur qui clôturait la grande place,
serait-il une recherche de dépaysement où bien d’un retour d’un exil nourrit par des sentiments de désolation et de bannissement. ?
Zaid, comme tous ces hommes et femmes, qui sont forcés à s’exiler de leur culture; se sentent dans une situation de dissemblance, de leur vécu et de leur attachement, à leur histoire, et de tout ce qui leur rappellent leur culture.
L’exil n’est pas seulement un déplacement dans des lieux; c’est le faite de subir des vertus et des habitudes d’autrui; c’est cette confusion et cette solitude qui vous écrase jusqu’à sentir ce sentiment de bannissement et d’exclusion.
C’est la pire des choses qui peut arriver; être anéanti.
Lui un intellectuel né dans une langue, un mode de vie, des traditions, des habitudes, ce n’est pas qu’il aime imprégner et marquer d’une touche particulière ou d’un accent bien propre à ses écrit; mais pour des raisons de préservation de son patrimoine et de sa culture.
Ces traditions dignes d’une réelle attention des intellectuels avec des appartenances, sociales, politiques qui s’inscrivent dans un contexte historique.
Certains, font à ce que du vent ait cet air de solidité et du fondé.qui s’identifient à ce sentiment de domination et de l’exclusion de l’autre que ce soit.;et qui s’appuie sur leur empirisme de différentes couleurs.

Siba ou le pouvoir de la coutume
La vie de ces gens, leur histoire animée par des sentiments de grandeur;a connu des moments difficiles.
Le siba ou plus exactement; le désordre, la révolte. Une tentative de refaire revire un mode de vie;. Un conseil de notables voit le jour et proclame des institutions tribales. Les gens se livrent à eux même; et puis le désordre s’installe
ainsi, la vie sociale est régie par des traditions et des habitudes; ce sont du domaine de la coutume.
Une vie, douloureuse et difficile à imaginer; où sévissent des agressions et des vols, où l’insécurité régnait
Ces temps de disette et de dénuement. La luzerne qu’on assaisonne avec du sel et des piments pour remédier à la faim; refuse parfois à pousser,
On n’échappe pas à son destin, cette vie, que leur refuse, un pays pauvre; cette terre asséchée que fertilise irrégulièrement la rivière : ces montagnes qui couvrent tout le territoire et enferment le pays, dans un isolement total.

.Des maladies faisaient des ravages;la teigne; mon père m’avait dit un jour .,
(tous ceux de la tribu perdent leurs cheveux pour toujours. On leur rase la tête avec la lame des teigneux.*
Encore Petit , je pensais que tous les hommes avaient des crânes dénudés, pour mieux mettre les turbans dessous.
Et pourtant ,leur vie est heureuse et agréable.
Il suffit de passer par l’âme des pasteurs pour pénétrer dans leurs cultures et sentir leur univers : leur façon d’aimer la vie et tout autour; sans préjugés et avec un sens de la justice et de l’honneur.

Tizizwa do aladjig*
Le langage des fleurs et des abeilles
Je suis une abeille, je courtise les fleurs
Je prélève le jus des crèmes
Il n’y aura pas d’espace asséché
Elle ne séjourne pas dans l’infécondité
Cet attrait d’un rite, cette fraîcheur de la nuit des oasis ,qui tempère les nuits printanières. L’odeur de l’eau boueuse du petit ruisseau qui longe la place .L’ambiance profite à des rêves une bonne raison de plus de prolonger la soirée.
Devant mes yeux s’étalent; des centaines d’abeilles des plus ardentes couleurs; qui rayonne. Chacune d’elle, charme et sublime; libres et joyeuses. Qui butinent d’une fleure à l’autre; fécondité, abondance et prospérité. Elles éblouissent par leurs éclats. Seuls les plus beaux, les plus jeunes peuvent les séduire, par des brins de cœur.
Ces jolies fleurs sauvages, qui s’épanouissent d’elles-mêmes; et poussent en toute liberté, qui voltigent; que les mains ne peuvent saisir; et qui s’offrent à l’œil; étonnantes et insoumises.
Quelle ardeur, et quels sentiments. Chacun se fait son bonheur, comme il peut.
Le temps n’a pas de rives.il s’échappe et se dissipe dans les petites lueurs de l’aurore qui s’annonce.
C’est l’amour. C’est la vie.

Une douloureuse grandeur.
Ce mode de vie en tant que valeur quotidienne, comment pourra-t-il voir sa capacité ,se développer et créer de nouvelles formes qui nourriront d’autres environnements. ?
Sera-t-il voué à la disparition ?
l’âme profonde et secrète ne cesse de le pousser à chérir un passé millénaire; cette âme
qui reste consciente de sa faiblesse; et de ses limites; malgré qu’il garde la nostalgie et des souvenirs de son lourd passé.et à qui il doit rester fidèle .

Son passé, qu’il ignore en partie; seule cette continuité dans le temps, lui donne puissance et une résistance sans réserve.
Pour faire de beaux rêves, il lui faut d’abord surpasser sa réalité , qui sombre dans l’obscurité;qui cède l’âme; ; pour donner vie à des espoirs; et découvrir d’autres pensées, dont naîtront des enfants heureux et cultivés.
Cette nuit il se couche tôt; dans l’espoir en un autre jour meilleur.
Oulayachi  Ahmed 

les quatre vers sont tirés du chant rituel amazigh. Warru traduit par Zaid Ouchna.

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