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Le Maroc et la politique de l’effacement

Par: Khrou Mohsine

Parler de Maroc c’est avant tout évoquer un pays très riche qui tente de  développer sa position  vers le progrès .Un pays riche dans la mesure où il y a diverses cultures, diverse langues et diverses traditions.

C’est dans cet esprit que nous avons le désir sur le Maroc, notre pays, comme lieu de la différence et de la pluralité des  cultures car tout groupe humain a une culture : comme le cas de notre pays, il est multiple, la culture Amazighe et Arabe.

La culture,  c’est le nom donné à l’ensemble des caractéristiques de la vie sociale, aux manières de vivre et de penser communes, aux formes et styles d’organisation du temps et de l’espace, ce qui inclut langue, religion, la famille, modes de vie, mode de construction des maisons, outils, manières de manger ou de se vêtir.  

  Toutefois, considérer le Maroc toujours  comme territoire de l’altérité n’est pas d’un éloge gracieux de notre part, il s’agit notamment d’une profonde réflexion. Partant des écrivains marocains comme Abdelkbir KHATIBI qui avance dans ce sens.    « (….) nous sommes aujourd’hui au Maroc devant une civilisation dont on ne peut nier ni l’identité, ni la permanence, ni la singularité, ni le brassage. Elle est appelée à jouer son rôle dans  la nouvelle Méditerranée » A vrai dire, la culture existe donc à deux niveaux intimement reliés, celui des pratiques propres au groupe et celui de l’image que ces pratiques laissent dans l’esprit des membres de la communauté.

La culture d’un pays comme le Maroc est en réalité un ensemble complexe, fait de cultures particulières, celles-là même dans lesquelles se reconnaît l’individu : celles des régions et des métiers, des âges et des sexes, des positions sociales et des orientations spirituelles. De ce fait, force est de préciser qu’a la question  du Maroc comme  un pays très vaste et riche, ayant engendré une méthode de ce que j’appelle  une politique de l’effacement pour ne pas dire une esthétique  de l’effacement. On pourrait s’accorder à le  considérer comme un modèle d’un   « mouvement » littéraire –sinon une « école »  qui ne être que le Nouveau Roman

.En dépit des réserves des intéressés et de l’absence d’homogénéité du groupe qui le constitue il aussi applique une esthétique de l’effacement. Il a  pour marque essentielle le refus et  la subversion .Cette attitude se manifeste à divers niveaux de l’écriture narrative :

Parmi lesquelles  on peut citer la fin de l’intrigue l’effacement du personnage, le non-respect du déroulement linéaire. Les nouveaux romanciers préfèrent une figure floue et mal identifiée. 

Le personnage doit être  un solitaire, un anticonformiste, quelqu’un qui est seule dans le monde et du coup tous les êtres marocains seraient une quête du sens. Dans le Nouveau Roman, nous avons trouvé une explosion    du récit.

Comme le cas du Nouveau roman les sujets marocains pour ne pas dire citoyens-  objets se présentent comme  des étranges dans le monde auxquels appartiennent et en même temps, ils ne se reconnaissent   plus, cela renforce l’idée de la éloquence de l’effacement. L’absence des hôpitaux, la dévalorisation la déshumanisation ; le désordre, une mauvaise  qualité de l’enseignement, le clientisme,  l’absence des rues, le non respecte de l’autre, le racisme,  la violence, l’absence  des lieux, le non-respect du temps. Les sujets,–objets marocains  ont une présence ontologique, ils ont un problème vis-à-vis, du monde, le monde est vide du sens ; car l’homme moderne se voit comme étant un esclave de l’autre et la peur  de revendiquer  même son droit  et j’en passe.   

Face à cet assujettissement aveugle, certains philosophes remettent en question la notion de l’homme .Du la pléiade au courant de l’Humanisme, l’homme commence à jaillir en tant qu’une question urgente qui exige beaucoup de réflexion  ce tragique que connait l’être marocain démontre une viduité existentielle.   Auparavant, la vérité absolue c’est la parole de Dieu, mais avec l’avènement de Nietzsche, il va renverser la métaphysique, c’est- à dire que l’homme devient le centre du monde, une technique et du coup l’homme se voit comme un serf devant la machine de l’autre.

Si l’être humain ne prends conscience de soi que par la reconnaissance de l’autre, celui-ci n’a-t-il pas besoin de cette même reconnaissance, absolument oui et c’est ce qui à la base de la relation Maître/ Esclave qui s’impose dans toute relation entre deux êtres humains «  L’homme n’est jamais homme tout court. Il est toujours, nécessairement et essentiellement, soit Maître, soit Esclave »[1] ; la prise de conscience de soi donc c’est être Maître ou Esclave devant l’autre, c’est être reconnu sans reconnaître l’autre ou bien le reconnaître sans être reconnu, cette lutte à mort se termine par la soumission de l’un des deux consciences. Il s’agit alors de la dialectique Maître/ Esclave de Hegel.Force est de conclure, Tout tourne autour de la question de l’Homme. Rien n’est hors de la question de l’humanité aujourd’hui où l’être humain  se trouve seul face au destin, à la fatalité  et à sa condition. La condition humaine, en tant que question plus vaste, n’est pas une problématique d’alors, mais elle remonte bien entendu aux temps du début de toute pensée vaillante. Abdelkbir Khatibi disait à ce propos :

La domination occidentale est la cause de « la perte de soi. Or l’altérité est dissymétrie de toute identité (individuelle, sociale, culturelle) : je suis toujours un autre et cet autre n’est pas toi, c’est-à-dire un double de mon moi. Qui souffre en moi sinon cet autre ! Et cet autre est constitutif de ma séparation ontologique. De ma douleur au monde [2]».

 

[1] Ibidem, p :15

[2] Abdelkebir Khatibi, Maghreb Pluriel, Paris, Denoël, 1983.

 

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