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la sociocritique entre médiations et la confrontation de la pluralité des voix.

Article rédigé par :Khrou Mohsine

Force est de constater que tout temps est affecté fatalement à vivre une question décisive dans l’évolution de son histoire. Il va sans dire que la résolution d’une interrogation relative à un temps donné demeure à l’origine de sa grandeur ou sa bassesse. Autrement dit, depuis des lustres on affronte une problématique majeure qui n’est autre que la sociocritique.

Parler de la sociocritique aujourd’hui, est avant tout s’est abordé une grande problématique qui suscite beaucoup d’avis. Il s’agit notamment d’un embarras. Claude Duchet est répertorié parmi les sociologues ayant amorcé le travail de la sociocritique, il affirme dans ce sens que « S’il n’est rien dans le texte qui ne résulte d’une certaine action de la société [………], il n’y est rien, en revanche, qui soit directement déductible de cette action. D’où l’importance décisive des médiations ».

De cette citation nous pouvons tirer plusieurs questions qui vont toutes au courant le plus large de la sociocritique, l’auteur a mis en évidence que pour comprendre un texte littéraire il faut partir de ces médiations qui se suivent, à savoir la religion, la politique, l’économique, les médias etc.

Sans doute que la sociocritique est un moyen parmi d’autre ayant pour finalité d’analyser le texte littéraire et, à ce titre, elle fait de la socialité des textes son centre d’intérêt. Par socialité il faut entendre «la façon dont le roman s’y prend pour lire le social, pour inscrire du social tout en produisant par sa pratique, du texte littéraire, une production esthétique ».

Effectivement, la sociocritique se veut fondamentalement dépasser cette impasse des marxistes et de formalistes, ces derniers ont pour fin de sacraliser un texte interne alors que les autres sacralisent les textes externes.
A titre d’exemple Goldman dit que la littérature est attachée à un fait social à un devenir. Pour les formalistes, le texte est autonome il ne s’explique en rapport à lui-même qui marginalise toutes les médiations externes. Cependant Claude Duchet avance que le texte n’est exclusivement attaché à une société ni attachée à lui-même.

De ce fait, les sociocritiques ont renouvelé même le concept de médiation, le rapport entre un texte littérature et une société. Ils refusent l’étude de reflet mais aussi ils refusent l’étude interne des formalistes et des structuralistes.
Par ailleurs, dans son article intitulé sociologie de la littérature Edmond Cros avance à son tour « sans doute la sociologie de la littérature et la sociocritique peuvent-elles donner l’impression à première vue qu’elles s’intéressent parfois à des objets identiques mais, au-delà de ces chevauchements apparents, se donnent à voir des précautions ».

On remarque que Cross attire notre attention sur le fait qu’on peut considérer la sociocritique comme une sociologie de la littérature car le champ d’intérêt est identique, il nous semble que les deux ont la même perspective ; mais en effet ils sont opposés en même temps. Et il ajoute que « La sociocritique vise à reconstituer « l’ensemble des médiations qui déconstruisent, déplacent, réorganisent ou resémantisent les différentes représentations du vécu individuel et collectif ».

Force est de préciser que La sociocritique croit et insiste particulièrement sur les médiations entre un texte et un milieu social mais pas au sens mécanique du terme ou d’emprunte directe d’une société sur un texte, il s’agit ici de médiatiser ou chercher comment la subjectivité de l’auteur a réagi face à une objectivité. C’est la raison pour laquelle Edmond Cros parle de resémantiser. La sociocritique vise à « reconstituer l’ensemble des médiations »

Par exemple nous avons un texte littéraire, et on veut analyser le rapport entre ce texte littéraire avec la société dont il est issu, nous avons une hypothèse qui dit qu’entre ce texte et le milieu sociale il existe des médiations, il n’y a pas un rapport direct. Toutefois, pour la sociocritique, ce sont des médiations très complexes auxquelles l’auteur réagit.

Dans cette perspective, la sociologie du texte émerge instinctivement dans l’esprit des sociologues. Il s’agissait d’un développement des notions formaliste et sémiotique selon laquelle le texte littéraire ne peut être mis en rapport avec le contexte social qu’au niveau linguistique. Il va sans dire que la sociologie du texte s’interroge sur les implications sociales et idéologiques de ces trois paliers du langage. Pierre Zima affirme que « J’aimerais présenter une sociologie qui aspire à devenir une sociologie du texte littéraire. Stricto sensu, la sociologie du texte affirme Zima « s’intéresse beaucoup à la question de savoir comment des problèmes sociaux et des intérêts de groupe sont articulé sur le plan sémantique, syntaxique et narratif ».

Dans cette perspective le GREMLIN (group de la recherche sur les médiations littéraire et les institutions) conçoivent la sociocritique comme l’études des multiples formes de médiations entre la littérature et l’ordre des discours littéraire et les phénomènes artistique, sociaux, économiques, politiques, religieux etc., d’une époque donnée. Il importe donc de saisir conceptuellement l’ensemble de ces médiations, préciser les méthodes aptes à les éclairer et à rendre raison, dans cette optique, du travail sur le social opéré dans différents corpus de textes, qu’ils aient ou non été conçus et reçus comme « littéraires ». Sans doute que l’ambition de la sociocritique, au sein des études littéraires et plus généralement, des sciences humaines et sociales, pourrait être celle-là :
« Repenser et relire plus finement la dynamique des médiations entre le social et ses représentations dans leur historicité et leur épaisseur textuelle ».

Dans cette lecture du travail de l’entre-deux effectué par la sociocritique, nous postulons que la logique sous-tendant les médiations et, plus généralement, les relations entre individus et système, champs ou cadre généraux d’action, peut être qualifiée de déterminisme léger. Nous ne souscrivons donc pas aux conceptions reposant sur un déterminisme lourd, qui tendent à tout ramener, en dernière instance, à des mécanismes surplombant, et plus particulièrement, les travaux sur la littérature qui réduisent ce qui est en jeu dans les textes et discours, à des effets produits par des lois, états de faits, hiérarchies ou hégémonies infrastructurelles ; pas plus que nous n’adaptons celles qui accordent une place exclusives à l’acteur et tendent à faire émerger l’ensemble des structures, mécanismes sociaux des effets de ses actions.

Force est conclure que la définition donc de la sociocritique est toujours permanente car la sociocritique n’est ni une discipline ni une théorie. Elle n’est pas non plus une sociologie, encore moins une méthode. Elle est une perspective ou bien une vision particulière de voir toutes les composantes de la vie sociale. Stricto sensu, la sociocritique c’est une philosophie de la vie.

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