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La montagne nous barrait la route! L’ordre fut donné de passer quand même.

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Enfin, dans les régions entièrement pacifiées et livrées à la colonisation, le réseau ainsi créé est complété d’après les besoins généraux et les nécessités du développement économique local ; cette dernière partie du programme de constructions incombe entièrement au Protectorat.

En ce qui concerne les routes et chemins militaires, le souci constant du commandement est de pousser la route au plus près des troupes au contact : il est ainsi possible de leur faire parvenir facilement tout ce dont elles ont besoin pour vivre, et d’assurer, le cas échéant, l’envoi des renforts en personnel et en matériel qui peuvent être nécessaires.

La route permet en même temps d’assurer un développement aussi rapide que possible des régions nouvellement soumises,les indigènes sont amenés ainsi à apprécier promptement les bienfaits de la civilisation ; c’est certainement là une des causes du loyalisme tant de fois constatée chez les nouveaux soumis.

Enfin, cette amélioration des conditions économiques, sanitaires, etc., chez les tribus ralliées, constitue la meilleure propagande possible vis-à-vis des insoumis : les relations étant rarement complètement rompues de part et d’autre de la limite de dissidence, les insoumis prennent, en effet, peu à peu conscience du fait qu’il existe de notre côté, non seulement une force contre laquelle ils ne peuvent rien, mai” encore des conditions de vie et de bien-être dont ils sont privés ; c’est ainsi que, au cours de l’année 1929, nous avons pu réaliser une progression considérable sur la rive droite du Ziz, sans combat, à la demande des habitants.

La route répond donc, non seulement à des nécessités militaires, mais encore aux besoins économiques du pays, dont elle facilite en outre la pacification en faisant sentir l’influence de la civilisation de plus en plus profondément en territoire dissident.

Compte tenu de ce qui précède, l’effort de l’armée, en ce qui concerne les voies de communication, a principalement porté, au cours de ces dernières années, sur les points suivants :

 Organisation de la région frontière du rif – Nord. — Cette organisation comporte la construction de voies pénétrantes, reliant les postes de la région frontière à la vallée de l’Ouergha, et de deux grandes routes de rocade : la première suivant le cours de cette vallée, la seconde réunissant entre elles les principales places de l’avant : Ouezzan, Bou-Nizer, Ghafsaï, Sker, Boured, Aknou1.

 La route empruntant la vallée de l’Ouereha a été roussée activement, malgré un terrain difficile nécessitant la construction de nombreux ouvrages d’art (4 ponts et 80 ponceaux construits en 1028V. cette route sera complètement terminée l’année prochaine.

 Les autres routes et pistes camion- nables prévues existent déjà pour la plupart sous forme de pistes, mais le programme total de constructions oui les concerne ne sera pas entièrement réalisé avant plusieurs années; dans l’ensemble, les travaux effectués à cet égard sont déjà considérables(…..) près de 150 ouvrages d’art.

L’Organisation de l’ancienne -Tâche de Taza – Cette région doit être sillonnée en tous sens de routes oui, outre leur intérêt militaire ou économique, présenteraient pour la plupart un attrait touristique considérable. Il s’agit là d’un programme de longue haleine, à la réalisation duquel l’armée contribue pour une part chaque année : elle a construit dans cette région 27 kilomètres de pistes camionnables, avec de nombreux radiers submersibles.

Pour la Création d’une voie de communication directe avec le Ziz et le Tatilalet. Un effort énorme a été fourni à cet égard par l’armée, surtout au cours des années 1928 et 1929. Jusque-là il n’était possible de communiquer directement avec la région du Ziz, en partant de Missour qui fut pendant longtemps le terminus de la voie ferrée, que par des pistes plus ou moins défectueuses ; le ravitaillement se faisait presque exclusivement par l’Algérie, en utilisant la voie ferrée d’Oran à Colomb- Béchar, puis la piste conduisant à Bou- Denib et de là vers le Ziz.

La vallée de cet Oued, très encaissée, n’était suivie qu’en partie par une piste auto-cyclable : pour aller de Rich à Ksar-es-Souk, distants d’environ 30 kilomètres à vol d’oiseau, il fallait faire un détour de 60 kilomètres par Gour- rama, Tazouguert et Bou Bernous. Dans ces conditions, tout progrès de la pacification, tout développement économique étaient à peu près impossibles dans la région du Ziz ; en outre, il était très difficile d’y parer en temps voulu à un incident de quelque gravité.

Depuis 1927, la voie ferrée de 0. 60 m , a été poussée activement en direction de Midelt : elle atteignait Ksabi en novembre 1928, et Boua-Sidi, tête d’étapes de la route du Ziz, en février 1929; elle arrivera à Midelt avant la fin de cette année.

La direction des travaux incombait à l’armée (bataillon de sapeurs de chemin de fer du Maroc), l’exploitation étant, par contre, confiée à l’administration civile (régie de la voie de 0. 60 m) ; les frais ont été supportés partie par l’armée et partie par le Protectorat.

En même temps que la voie ferrée, on construisait une route directe partant de Boua-Sidi, franchissant l’Atlas au col du Telghemt, atteignant Kerrando sur le Ziz, et suivant ensuite la vallée de cet Oued en gagnant directement Ksar-es-Souk puis Erfoud. La traversée de nombreux cours d’eau et de barrages rocheux, ou au contraire de « terres blanches » et d’étendues sablonneuses sans consistance, avaient suscité de nombreuses et énormes difficultés, qui parfois semblaient insurmontables.

Aujourd’hui, néanmoins, après deux ans de travaux persévérants et acharnés, cette route, d’une longueur totale de 215 kilomètres et qui aura coûté une somme totale de 17 millions, est à peu près terminée. Les travaux effectués sur cette route en 1928 ont porté sur une longueur de 80 kilomètres et nécessité la construction de :

  • trois ponts métalliques, soit un de 60 mètres sur l’Oued N’Zala, un de 25 mètres à Tamarrakecht, et un de 75 mètres sur le Ziz, à 15 kilomètres nord d’Erfoud ; de 25 ponceaux et dalots.
  • 14 ponts voûtés ou ponts de poutrelles inrobées, et 7 radiers submersibles de 20 à 90 mètres ; de nombreux déblais et remblais ;
  • enfin et surtout un tunnel de 62 mètres a dû être percé dans le roc pour franchir les gorges du Foum Zabel, à12 kilomètres sud de Kerrando.

Quand on contemple ce travail formidable, effectué entièrement au pic et à la barre à mine par une compagnie de pionniers de la Légion et un détachement de sapeurs mineurs, on ne peut que saluer avec admiration et respect l’effort gigantesque rappelé par les paroles d’une grandiose simplicité gravée sur le roc à l’entrée du tunnel : « La montagne nous barrait la route. L’ordre fut donné de passer quand même. La Légion l’exécuta. »

Grâce à cette route, la vie économique de la vallée du Ziz se développe rapidement, et la région de la Haute-Moulouya progresse également depuis qu’elle ne constitue plus un cul-de-sac mais une zone de transit dont l’importance ne fera que croître. Le développement économique , en outre, facilité l’action politique, à la suite de laquelle il a été possible d’occuper successivement, à la demande même des populations récemment ralliées depuis le début de l’année 1929, Tarda, Guefifat, et enfin El Bordj et Aït Yacoub; enfin, lors de la vive réaction du mois de juin dernier contre Ait Yacoub, c’est encore grâce à la route du Ziz qu’il fut possible, malgré la soudaineté des événements, d’amener à pied d’œuvre, en temps utile, les renforts qui permirent de rétablir rapidement la situation et les approvisionnements de toutes sortes qui leur étaient nécessaires.

En outre, au fur et à mesure des différentes phases de la progression, de nombreuses pistes camionnables ou auto-cyclables, prenant naissance sur la route du Ziz, ont été construites au cours de l’année 1929 pour desservir les régions récemment soumises ; à cet égard il y a lieu de mentionner notamment, par ordre chronologique, les pistes Ksar-es-Souk-Tarda, Erfoud-Guefifat, Rich-Mzizel-El Bordj, Rich-Zaouia de Sidi-Hamza-Aït-Yacoub, N’Zala- Zaouia Sidi Hamza (terminée il y a quelques jours). Ainsi s’organise là aussi un réseau complet de voies de communication, particulièrement nécessaires dans cette région si excentrique.

Sources archives de la bibliothèque française

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