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La mise en valeur du patrimoine en milieu oasien et le rôle de la société civile

Sofia Kerouad , Master en Management des entreprises sociales et territoires

Contexte:  Selon Wikipédia : Une oasis désigne, en géographie, une zone de végétation isolée dans un désert. Cela se produit à proximité d’une source d’eau ou lorsqu’une nappe phréatique est suffisamment proche de la surface du sol ou parfois sur le lit de rivières venant se perdre dans le désert.

Au Sud-est marocain, les oasis sont situées sur trois bassins versants dans les quatre provinces de Drâa Tafilelt : Er-Rachidia, Tinghir, Ouarzazate et Zagora. Ces vallées d’oasis sont riches en patrimoines culturel et écologique. Devant les transformations que connait la société et les changements climatiques, plusieurs actions ont été entreprises par des acteurs de la société civile, mais devant l’ampleur des aléas écologiques et le risque de se voir perdre un patrimoine immatériel précieux, la tâche est grandiose et nécessite plus d’actions et au pluriel à travers des programmes élaborés localement mais soutenu du centre, voir du monde.

Des oasis et des hommes:

L’oasis par définition représente un espace apte à la végétation et à la vie humaine perdues en milieu du désert, ce qui le qualifie comme système écologique fragile marqué par la rareté des ressources hydriques en premier lieu.

Au Maroc le milieu oasien s’étend de Figuig jusqu’au Assa-Zag sur une superficie de 226 586  , dont la population représente 15 % de la population totale du pays, dominé par des reliefs montagneux, avec un climat désertique, ce qui le rend un territoire fragile qu’il faut protéger.

L’homme oasien, à travers son histoire a pu s’adapter au climat désertique et à la rareté des ressources hydriques, chose lui a permet de construire un patrimoine et un savoir-faire écologique considérable, qui avait marqué son efficacité durant tous ces siècles, et parmi les éléments de ce patrimoine les plus connues et les plus étudiés sont le système des khattaras : système de captage d’eau souterraines de la nappe phréatique, et les droits coutumiers de distribution des eaux agricoles déterminée par le temps séparant deux irrigations successives d’un ayant droit à la ressource.

Tout est stable excepte le changement:

Aujourd’hui le milieu oasien a subi plusieurs changements socio-économiques à savoir : l’urbanisation sachant que 34,30 % de la population de la région Drâa-Tafilelt sont urbains et la parution d’autres secteurs économiques notons que le secteur tertiaire crée 61 % de la richesse de la région Drâa Tafilelt, tandis que le secteur primaire ne représente que 20 % dans la création des richesses de ladite région.

Ces changements se sont reflétés d’une manière remarquable sur la vie des gens, et avec la succession des longues périodes de sécheresse on assiste à un désintérêt à l’activité agricole, et on fait recours à d’autres activités comme le tourisme qui ne prend pas on compte la fragilité du système écologique oasien, et même dans l’activité agricole ont abandonné le système des khettars en faveur d’autre moyen d’irrigation à savoir le système de pompage qui exerce une surexploitation sur la nappe phréatique, et provoque une utilisation irrationnelle des ressources hydriques déjà rares dans l’oasis.

La société civile a tiré la sonnette d’alarme face à la situation de dégradation dont souffre l’oasis, le tissu associatif dans le milieu oasien a décidé d’agir face à cette situation, et jouer un rôle primordial dans le développement de zones oasiennes au Maroc, que ce soit au niveau local ou régional, à travers le financement des projets de développements, les compagnies de sensibilisation, l’organisation des ateliers, etc.

La mise en valeur du patrimoine écologique du milieu oasien:

Parlant du patrimoine écologique et le savoir-faire ancestral du milieu oasien c’est par
ler d’un mode de vie spécifique à l’oasis qui prend en compte toutes ces spécificités et caractéristiques, donc prendre en compte les savoirs locaux et les valoriser c’est automatiquement prendre lien avec l’oasis, donc le développement de l’oasis
passe nécessairement par ce lien, afin de tirer profit de ce patrimoine et le mettre au service de développement durable de l’oasis, sachant que ce patrimoine est menacé face au changement technologique économique et social que connais l’oasis.

Le rôle de la société civile : 

Le rôle de la société civile dans la mise en valeur du patrimoine écologique ne se limite pas au financement des projets comme la réhabilitation des khettaras, mais va au-delà, il s’agit de faire participer la population dans le processus de mise en place des projets de mise en valeur du patrimoine écologique puisque la réussite de n’importe projet de développement passe nécessairement par la participation de la population, ainsi l’organisation des rencontres et les ateliers permet un partage et un échange d’expériences entre experts, acteur de la société civile et la population pour se mettre d’accord sur les meilleurs processus de mise en valeur de ce patrimoine qui répond au besoin de la population tout en préservant leur environnement, ainsi la société civile par son rôle d’intermédiaire entre les pouvoirs publics et la population renforce encore l’approche participative dans la mise en valeur du patrimoine écologique en milieu oasien.

 le patrimoine écologique au service du développement durable :

La mise en valeur du patrimoine écologique en milieu oasien reste un moyen parmi d’autres moyens pour la mise en place d’un développement durable répondant au besoin d’une population souffrant des problèmes socio-économiques : taux de chômage élevé, flux des migrations vers les grandes métropoles…, et un territoire souffrant des problèmes climatiques et
environnementaux : longues périodes de sécheresse, désertifications…, ce qui rend le processus de mise en place d’un développement durable de plus en plus complexe nécessitant la participation de tous les acteurs : population , société civile, pouvoirs publics, et la société civile est la plus apte à prendre en charge la mission de la coordination entre tous les acteurs…

Écrit par :Sofia Kerouad:Master en Management des entreprises sociales et territoires,faculté des sciences juridiques économiques et sociales Fes université Sidi Mohamed ben Abdelah fes

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