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La Génération Y veut se faire une place

par Anthony Poix

Une génération porteuse de transformations
« Transformer le système politique pour y inclure la Génération Y. » L’accroche du PolittY Blog, dont l’intitulé est issu du pseudo de sa créatrice, en dit long sur la place occupée par les jeunes de 25 à 35 ans dans cette campagne électorale, c’est à dire si peu…

Une génération porteuse de transformations
La Génération Y apparaît aussi diversifiée que l’origine de son intitulé. Si certains estiment qu’elle n’est que la suite de la Génération X (entre 1960 et 1980), d’autres avancent la théorie du signe « Y » formé par la trace du fil d’un baladeur sur le torse d’un « jeune ». Si les caricatures vont bon train avec elle, c’est vite oublier le contexte dans lequel cette génération est contrainte d’évoluer, à savoir le chômage de masse, le terrorisme ou les scandales à répétition. « Digital native », une partie de ses membres a les clés de l’avenir du pays entre les mains et se retrouve à l’initiative de bon nombre d’idées afin d’impulser un nouveau vent à notre société. Parmi la ribambelle d’actions proposées, le blog PolittY, qui part du constat que le « monde politique est sclérosé dans un fonctionnement à l’ancienne ». Son but? « Explorer les liens qu’il pourrait y avoir entre la transformation des entreprises liée à la génération Y et une transformation du système politique visant à y inclure les jeunes. »

Un monde politique pas adapté aux jeunes ?
« C’est une idée qui m’est venue afin de pouvoir contribuer à l’amélioration de la société et participer à la vie politique, explique simplement PolittY, qui fait partie de la frange active de cette génération. Aujourd’hui, c’est réservé à une poignée de personnes. Pour ma part, je fais partie d’un comité de transformation de l’entreprise pour la génération Y. Et j’ai été militante 5 ans dans le parti Europe Écologie-Les Verts. Autant dire que je connais ce problème… » Il faut dire que le monde politique prouve à chaque occasion, peu importe son camp, son incompatibilité avec cette génération. Un train de retard qui peut coûter cher. « Pour faire son trou dans un parti, il faut passer par 20 ans de militantisme voire plus, tranche la blogueuse. Ça ne correspond en rien aux jeunes de cette génération. Pourquoi? Parce que c’est une génération qui n’hésite pas à quitter une grosse boite stable pour monter son propre projet. C’est une génération autonome plus adepte des missions courtes que des engagements de long terme. Voilà ce qu’on vérifie dans le monde de l’entreprise. Mais cela, nous pourrions le transposer en politique… Rester dans un parti 30 ans, ça ne correspond plus à ma génération. »

Le vote par thème, une solution ?

Face à ce système politique peu ou pas adapté à la participation de ces jeunes, des idées tendent toutefois à émerger pendant cette élection présidentielle. Parmi celles-ci, le vote par thème. « Beaucoup ne se reconnaissent pas dans un programme intégral, exprime la responsable de PolittY. Moi, mon dada, c’est la transition énergétique alors j’aimerais participer à ce sujet là. La voix des jeunes serait, peut-être, davantage portée en politique? »
Et si cette génération avait une carte à jouer à l’échelle locale? Au vu de l’émergence d’initiatives nouvelles dans des grandes villes comme Grenoble, Angers ou Rennes, c’est loin d’être impossible. « Il faut réformer le mode de décision politique, avance l’ancienne militante d’EELV. Aujourd’hui, on élit des représentants qui ont en charge de tout décider. Ils doivent s’occuper à la fois de la gestion, et de la transformation. Pourquoi ne pas séparer ces composantes ? L’élu s’occupe de la gestion et des citoyens peuvent venir contribuer à la transformation. Certains voudront travailler sur des projets sur le logement, d’autres sur le sport. Des équipes de projets peuvent se monter par thématique. Mais, vous savez, on pourrait aussi le faire à l’échelle nationale en organisant des grenelles où l’on voterait par thème sur de grands principes.»

L’apogée de la Civic Tech, outil démocratique en ligne
Néanmoins, pas d’outils sans boîte à outils! … avec toutes les précautions et limites qui s’imposent. La Génération Y, dont les membres ont vécu assez jeunes la transformation numérique, est à la tête de la démocratie en ligne, plus communément appelée Civic Tech. Si cette dernière demeure pour l’instant assez limitée à un certain entre soi, elle a vocation à toucher de plus larges publics, dans l’élan de l’open government initiative lancée par Obama en 2009 aux États-Unis. Le numérique contribue ainsi à une gouvernance plus ouverte. « C’est un mode qui nous parle plus, sourit PolittY. Les élus vont au marché, moi je n’y vais pas! La montée en puissance de la Civic Tech, avec des applications qui permettent le débat en ligne, cela prouve qu’il y a une évolution à entreprendre. Je ne dis pas que la Civic Tech est la solution à tous les maux! Les humains ont évidemment besoin de discuter entre eux, il faut conserver de la confrontation visuelle. Elle ne fera pas tout mais elle permet de ramener les jeunes à la politique. » Il ne resterait donc plus qu’à ramener la politique à la jeunesse…

Cet article est publié avec l'autorisation écrite de l'Institut de Recherche et Débat sur la Gouvernance

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