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Hassan Baouali : un jeune peintre ambitieux

Écrit par: Abdelouahed HAJJI

Hassan Baouali est un jeune artiste  ambitieux qui se propose de dire le monde à sa façon, Issu du Sud Est, le jeune peintre voyage dans le temps et l’espace à travers la peinture. Le voyage dans le temps s’effectue par un retour vers un passé où règnent la paix et la culture lumineuse. Quant à l’autre voyage, son public constate, aisément, que les espaces peints sont divers dans un seul tableau ce qui permet un voyage infini et altéritaire.

Par ce moyen amplement artistique, l’artiste reflète non seulement son expérience personnelle, mais aussi une expérience collective. Son inspiration émane de son héritage marocain connu par la diversité et la richesse. De là, il tente de traduire toute une culture incarnée dans son patrimoine. Une culture ouverte aux grandes civilisations.

Peindre dans son vocabulaire revient souvent à dire traiter   les grandes préoccupations de notre temps. La peinture en fait est une expression libre, capable de penser et dire le monde autrement. Reprenant sa citation quand il paraphrase Descartes en disant : «  quand je peins je pense. » Ceci dit, la peinture est un moyen de l’être de l’altérité loin de l’idéologique. C’est dire que l’épistémologique qui prime dans sa vision du monde. Tout porte à dire que par le biais de la peinture, l’artiste réhabilite le droit de penser librement.  Son style se caractérise par une charge émotionnelle qui porte son public vers le questionnement d’un ensemble de faits.

L’un des sujets marquant notre époque, est sans doute, celui de la religion dans son visage fanatique. Toutes les chaines de télévisions aujourd’hui  diffusent des infos tragiques où les innocents sont des victimes d’un attentat par exemple. Dans son côté le peintre traduit cette problématique actuelle tout en traçant des tableaux qui illustrent comment est-ce que les intégristes se cachent dans la religion tout en tuant l’autre. En  ce sens la femme, à juste titre, est bien une victime de ces hypocrites qui croient que la femme n’est qu’une subalterne. Sinon un corps destiné à la sexualité. Le tableau ci-dessus met en exergue ce problème. Voilà un homme qui interdit à la femme de parler. Interprétant ce geste, la femme souffre de cette hégémonie masculine qui se réfère aux interprétations figées afin de légitimer l’infériorité de la femme.

   Les deux tableaux ci-dessus sont une étiquette de ce que vit l’homme en général et de la femme en particulier au sein d’une société qui ne reconnaît pas le droit à la différence.  En cette optique, le système de pensée de l’artiste  dénonce, par la force des choses,  ces pratiques qui font de la différence un moyen de conflit. Or, la différence est une richesse si elle est assumée. On comprend jusqu’ici que la vision du monde ici est une vision interculturelle. En d’autres mots, la stratégie adoptée par le peintre est une stratégie qui vient d’un engagement et d’une conscience active.

Une lecture active et coopérative de ces tableaux  permet de dire que son art est une invitation au dialogue des cultures. Le mélange des couleurs dans un tableau n’est qu’une façon de dire que le monde est une composante hétérogène. Une seule couleur ne fait pas l’harmonie du monde. La vision que nous propose Hassan chasse, foncièrement, l’être idéologique qui prend la religion comme moyen de tuer l’autre. En d’autres mots, tuer la différence. L’un de ses tableaux à juste titre déchire le rideau devant l’interprétation frigide des religieux. Ce même tableau illustre comment est-ce que les fanatiques  sont des hypocrites qui chantent la violence contre l’humanité. De là à déduire facilement tout en suivant la pensée d’Emmanuel Lévinas  que sa vision artistique relève de l’éthique. C’est-à-dire une pensée dont l’humain est une essence. Cette opération est nommée par le même philosophe  Emmanuel Lévinass : «  la responsabilité pour autrui. ».

Le jeune artiste s’extériorise moyennant la peinture. Son art comme nous avons déjà souligné représente une réponse nette aux conflits actuels. Le mariage des couleurs et des styles est une manière de symboliser l’ambivalence de l’être moderne entouré de la machine.

Un autre détail incontournable dont lequel l’artiste s’inspire vient de son patrimoine culturel. Le sud est, par exemple, est une donnée omniprésente dans son art libre et engagé. Les symboles disent un monde ouvert et condamné à la différence. Toutes les cultures trouvent un espace dans son monde fait dans sa substance de l’art.

Différents sont les thèmes abordés par l’artiste qui découvre un monde malheureusement qui déteste l’art tout en optant pour un sens unique. Ce même sens tue l’essence de l’être qui est né pour vivre avec l’autre. Les tableaux tracés ici ne sont qu’un espace destiné, irrévocablement, à l’altérité.

le site  www.atbir.info, encourage toutes les initiatives et toutes les forces qui essayent de changer les choses par l,art, l’instruction et le travail, et dédie cette  galerie vidéo des  œuvres de notre artiste à tous !

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