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Croire autrement…. Mais authentiquement !

Article rédigé par: Driss Chergui

Dieu n’est jamais transcendant. Il est immanent. Mon dieu est désarmant et pacifique. Mon propos dans cette réflexion spontanée dépasse et transcende le transcendantal et le théologique. La théologie, croyant bien faire, déforme l’image de Dieu. Comment cela ? Comme elle se donne la responsabilité de défendre dieu alors que celui-ci n’a pas besoin d’un défenseur, atteste inconsciemment et bon gré mal gré de l’incapacité divine car ce sont les coupables et les faibles qui cherchent la défense. Alors que dieu n’est ni faible ni coupable, ni non plus criminel. Elle le présente comme un être violent et haineux. Alors qu’il est la beauté et la bonté incarnées. Malheureusement, La théologie dogmatise la question divine, partant, elle éloigne l’homme de sa source. Or, celui-ci devient délaissé, voire étrangement orphelin. Il est  tristement coupé de son essence. Il devient un croyant de l’apparence ou à vrai dire un croyant-kitsch. Un musulman pouvant par exemple aller systématiquement à la mosquée, ne pourrait pas nécessairement être plus proche de dieu qu’un croyant qui marche dans la rue en pensant à la magnificence de dieu ou encore qu’un croyant qui  aide un handicapé un vieil homme à accéder à un service.

 Loin d’être un athéiste stricto sensu, je suis convaincu de ma perplexité au sujet de l’existence de Dieu et suspect au sujet de la raison d’être de son trône. Même si que je considère tout débat terre à terre sur l’existence ou l’inexistence d’une divinité qui gère et gouverne le cosmos et, par ricochet la vie des  hommes, une affaire sans aucune importance. A mon sens, la religion doit être humanisée.

A quoi sert une religion qui ne sert pas la société, partant, l’homme ? Et quelle est notre conception actuelle de la religion? La situation désastreuse où se trouve impliqué l’homme aujourd’hui ne reflète-t-elle pas le besoin pressant d’une remise en question de notre rapport à la divinité ?

Chaque jour, je vois se construire de gigantesques moquées et maisons de culte avec des minarets qui touchent le ciel. D’énormes mosquées sont plantées partout. Dans chaque quartier, il y en a au moins une. Paradoxalement, il y a aucune maison de jeunesse, ni hôpital, ni encore un espace vert. Quelle myopie ! L’homme est possédé par l’idée de l’au-delà, il ne se voit plus. Il marche dans le noir macabre. Notre mode de pensée est dominé par un large champ sémantique de la mort. On est ainsi honteusement passif. D’où la nécessité d’une remise en question de soi ici et maintenant vu que la civilisation ne se construit pas de cette manière. La passivité ne donne jamais de civilisation. La passivité engendre la mort au sens propre comme au sens figuré.  Chez nous, la religion est un legs théologique. Personne ne peut oser se poser la question : pourquoi crois-je ? La franchise avec soi est toujours bonne. C’est une sorte d’invitation de soi à soi visant la restauration de l’harmonie et de la paix intérieure. Tout le monde croit parce qu’il ne sait pas croire ou parce qu’il veut faire plaisir à ses siens ou encore pour paraître croyant. On vit une crise certaine sur le plan éthique parce qu’on manque d’une éthique de résolution des crises, entre autres, dans le domaine religieux. Notre rapport à la religion est certainement faussé. Notre conception de la religion est extrêmement fallacieuse. La religion, chez nous, est un cliché profondément enraciné et ancré dans notre esprit collectif et individuel. La théologie dogmatique ronge et met en sommeil l’humanisme de l’homme. Le politique à son tour, aggrave la situation.

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