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Au collège d’Ait Attou,on explique la paix aux éléves

Par : Brahim Mouradi
Le monde d’aujourd’hui est sur une planche chaude, l’homme y est devenu un objet et non plus sujet. L’homme subit des pires conséquences sans s’arrêter aucun instant pour penser sa situation et sa condition. Partout dans notre planète où on va, il y a de la guerre ; des conflits, des déchirements qui menacent sans relâche la vie de l’homme. Peut-on attester un jour à ce qu’on appelle la fin du monde ?

Dans sa vie, l’homme est perdu, son attention est déchirée entre l’urgent et l’essentiel : qui parmi ces deux binarités doit en premier lieu occuper son esprit ? L’essentiel peut être différé sans qu’il y ait des grands dégâts, cependant l’urgent doit s’effectuer sans délai, doit occuper toute la vie de l’homme car sans urgent l’essentiel sera avorté avant même sa naissance.

Cet urgent est la paix. Edgar Morin disait il y a peu du temps « à force d’oublier l’essentiel pour l’urgence, vous oubliez l’urgence de l’essentiel » l’avenir de l’homme est très incertain, tous les hommes sont un seul corps nommé depuis Protagoras Homme, les politiciens préfèrent avancer arbitrairement des ordres de faire la guerre en oubliant qu’ils tuent leur humanité, presque tous les citoyens obéissent et défendent les opinions des politiciens, par conséquent, le monde meurt peu à peu comme un feu qui se mate lentement jusqu’à ce qu’il laisse derrière lui des cendres de phénix qui ne renaît plus.

Face à cette situation affreuse, le collège d’Ait Attou, région de Daâ Tafilalet, délégation de Midelt, a organisé le 06/04/2018 une activité parascolaire animée par les professeurs de français et nourrie des élèves, le directeur du collège Mbarak Fergani, le professeur de l’éducation islamique Abdelmajid Benhchoum et bien d’autres intervenants. Au début les professeurs de français ont présenté au public un exposé sur la paix, ils y ont essayé de démontrer comment l’homme est devenu très fragile, comment il meurt en silence sans aucune raison raisonnable.

Les exposants ont tenté d’entourer nettement le sujet en s’appuyant sur la philosophie, sur l’histoire, sur la politique tout en mettant en valeur le rôle joué par quelques penseurs à savoir Thomas Jefferson qui a annoncé lors de sa rédaction de l’article de l’indépendance de la république américaine en 1776 l’égalité de tous les hommes disant « tous les hommes sont égaux descendant d’Adam et d’Eve ». Les élèves ont réagi vivement à l’exposé en récitant un poème célèbre « Le déserteur » qui fait appelle à la guerre de l’Algérie de 1830. Ils ont imité excellemment le rôle de ce soldat français qui a refusé de participer à cette guerre qui, selon les élèves, reste à tout jamais une plaie ouverte dans le corps de l’humanité. Les élèves ont couronné ce poème par les phrases : ‘’arrêtez de tuer, nous demandons la paix ‘’ pour crier de toute leur force contre la guerre.

Le professeur de l’éducation islamique est intervenu dans ce débat pour mettre au point la position de l’Islam quant à la guerre. Il a insisté avec force sur l’idée que, à notre temps, alors que les guerres règnent partout, certains gens accusent l’Islam et lui font dire ce qu’il ne dit. Selon lui, l’Islam est totalement innocent de ce qu’on dit de lui, il est une religion comme toutes les religions monothéistes, en plus le mot ‘’islam’’ en arabe est dérivé du mot ‘’Assilm ‘’ qui veut dire la paix. Le professeur cite à cette occasion quelques versets coraniques ainsi que des Hadith du prophète. Il a aussi déniché de l’histoire de l’Islam quelques événements qui témoignent, selon lui, la position de l’Islam quant à la guerre.

Vers la fin de cette activité, le directeur du collège Mbarak Fergani prit la parole pour récapituler le débat en avançant lui aussi ses opinions et ses espérances pour l’humanité. Le directeur met le doigt sur l’importance, l’urgence et le besoin à la paix : le monde actuel va mal, nous avons besoin de la paix, l’homme est menacé dans sa vie et après l’homme il n’y a rien, nous devons changer notre voie, mais on ne change pas de voie par des voix et des cris mais par des réactions et des activités tangibles, avance Mbarak.

Le débat était aussi une occasion de la rencontre de deux disciplines qu’on voit il y a longtemps antagonistes ; la philosophie et la religion. Pourtant, cet affrontement nous montre combien ces deux domaines sont inséparables, ils sont comme disait Averroès « des sœurs jumelles ». La philosophie travaille la raison, l’esprit de l’homme tandis que la religion nourrit son âme. Cependant, l’homme a besoin de ces deux dimensions pour vivre en paix dans sa vie. La raison seule rend l’homme comme une machine mais aussi la spiritualité seule fait plonger l’homme dans l’illogique et l’incertain.

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