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L’occupation de Tafilalet et la crise de de l’hiver 1918-1919

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L’installation d’un contrôle politique à Tighmart

La question de l’occupation du Tafilalet s’était posée au temps même où le général Lyautey commandait à Ain Sefra et à Oran; mais à cette époque, seule une occupation militaire paraissait devoir permettre d’en « finir avec ce foyer d’agression permanent contre l’Algérie».

Aussi, quand, en 19 1 6, après ses succès de Ksar es Souk et d’El Maadid, le lieutenant-colonel Doury pénétra jusqu’en bordure de la palmeraie, la création d’un ou plusieurs postes définitifs fut-elle envisagée; mais faute d’effectifs, on dut y renoncer.

En octobre 1917, tout projet d’une occupation militaire fut cependant définitivement écarté par le Résident général, à la suite de ses entretiens avec le lieutenant-colonel Doury, sur la haute Moulouya, et de la visite à Rabat du Khalife du Sultan Moulay el Mahdi.

Faisant crédit à la longue expérience du commandant du territoire de Bou Denib, qui assurait d’une façon formelle qu’un simple contrôle de la région n’entraînerait aucune réaction adverse le général Lyautey autorisa l’installation auprès du Khalife, comme aux Indes anglaises, d’un officier Résident avec un interprète et un médecin », — sans garnison française, mais avec la garantie des notables filaliens et l’appui d’un simple contingent de partisans recrutés sur place.

C’était la mise en application la plus complète de la formule du Protectorat.

Cette nouvelle organisation entra en vigueur en décembre : le 5, les couleurs chérifiennes et françaises furent hissées sur les deux tours jumelles du ksar de Tighmart, en présence du Khalife, de nombreuses djemââs, des notables du Tafilalet, et devant le front des troupes du groupe mobile venu de Bou Denib, à l’effectif de 1.800 hommes.

A vrai dire, l’action politique engagée ainsi ne devait avoir « que l’importance et l’intérêt d’un hors d’œuvre », et il s’agissait de ne s’engager à aucun prix dans une action militaire, afin de ne pas se laisser détourner de l’objectif principal déjà fixé : la haute Moulouya3.

Dès le départ du groupe mobile, l’émotion produite par notre installation à Tighmart avait cependant donné lieu aux commentaires les plus divers et à une recrudescence de djiouch en bordure du Ziz. On signalait ensuite la préparation de mouvements plus importants et une certaine effervescence chez les Ait Atta, dont le chérif Si Moha N’Ifrouten se faisait passer pour Bou Hamara. Enfin, gagnant les Ait Yafelman, l’agitation s’étendait peu à peu jusqu’au Todra et au Dadès, où s’exerçait l’influence du marabout d’Ahansal. A partir du 6 janvier, le lieutenant-colonel Doury annonçait la formation d’une harka importante, menaçant le Tafilalet4.

Estimant qu’il était moralement impossible de quitter Tighmart, et que d’ailleurs ce départ « n’arrangerait guère les choses », le général Lyautey prescrivit de s’y maintenir, et prit les dispositions nécessaires pour compléter la mise en état de défense du poste et pour porter à son secours, en cas de besoin, le groupe mobile de Bou Denib. Dans ce but, un bataillon de Légion, prélevé sur la région de Fez est dirigé sur Bou Denib, par Oran et le Sud oranais1 avec une escadrille de huit Nieuport; l’intervention de Si el Madani Glaoui est en outre envisagée, soit pour gêner le mouvement de la harka en la prenant à revers, soit même pour empêcher sa formation.

Mais, grâce aux dissensions continuelles entre tribus rebelles, cet incident se borna en réalité à une alerte SI L’agitation et l’incertitude se prolongèrent cependant les mois suivants : en mars, le colonel Berriau, — en mai, le général Lyautey, vinrent visiter le poste de Tighmart, pour se rendre compte de la situation.

Le 3 juin, l’officier interprète Oustry était lâchement assassiné dans son bureau par un indigène; mais ce nouvel incident ne parut pas encore devoir modifier la situation politique, le meurtrier ayant été châtié sur place, et les djemââs ayant hautement réprouvé son crime4.

C’est seulement au début de juillet que trois groupements hostiles paraissent se rassembler à proximité de la palmeraie : le plus important sous le commandement de Si Moha N’Ifrouten, à Mecissi (5o kilomètres environ de l’ouest du Tafilalet); — le second, aux ordres du marabout d’El Haouari, sur le Ferkla; — le troisième au Tazarine, au centre de la tribu des Ait Atta.

Son intention est d’effectuer une tournée de police et de descendre dans ce but la vallée du Ziz jusqu’aux Ouled Zohra .

Mais, le 5 août, ayant appris à son passage à El Boroudj que la harka du N’Ifrouten, considérablement renforcée, était campée en lisière sud-ouest du Tafilalet, le commandant du territoire n’hésite pas à se porter à sa rencontre. Il pousse d’abord d’Erfoud sur Darel Beida, — pénètre ensuite dans la palmeraie, où il séjourne en plein centre, — longe enfin la lisière ouest, et vient s’établir en observation à hauteur de Gaouz, sur l’oued Ghéris. Dans la nuit du 8 au 9, ayant reçu des précisions sur l’emplacement exact de la harka du chérif, le lieutenant-colonel Doury décide de l’attaquer dès le lever du jour.

Dans une première phase, déployées en trois groupes de combat, nos troupes traversent un terrain en partie découvert, et prennent pied sur la gara de Bazma, sans rencontrer de résistance sérieuse.

Dans une deuxième phase, le groupe d’attaque principal prend pour objectif le camp adverse et débouche en direction du nord-est, couvert sur ses flancs: au sud par la cavalerie, dont la mission est de mettre la main sur le barrage du Ziz, — au nord par le détachement Pochelu (un bataillon sénégalais et une compagnie montée de Légion) marchant dans la direction d’Ouled Ouillanne; ces deux flanc-gardes se rabattront ensuite sur le campement de la harka.

Mais dès qu’elles pénètrent dans la palmeraie, les différentes colonnes se heurtent à une défense des plus énergiques.

C’est seulement en fin de journée, et après un assaut à l’arme blanche, que l’attaque principale réussit à atteindre son objectif, et à déloger l’adversaire de son emplacement de bivouac.

La cavalerie doit de son côté se dépenser sans compter pour arriver à remplir sa mission.

Engagée enfin quelque peu prématurément, la flanc-garde de gauche perd, dès le début, toute liaison avec le groupe d’attaque; en outre, elle est contrainte de traverser un terrain boisé et couvert, et les habitants des ksour de Timgheras, Bou Rmella, Ouled Ouillane, complices de N’Ifrouten, en profitent pour l’assaillir par derrière. Isolé et pris à revers, le groupe Pochelu est finalement dissocié, puis refoulé en désordre jusqu’en lisière ouest de la palmeraie1; en lin de journée, il doit abandonner tous ses mulets ainsi que ses mitrailleuses.

En définitive, si le camp du chérif a été enlevé, et si la harka a laissé plus de 600 cadavres sur le terrain, de très lourdes pertes sanctionnent le risque que le lieutenant-colonel Doury a couru en attaquant un fort rassemblement ennemi en pleine palmeraie, avec des effectifs trop faibles et sans ligne de ravitaillement2.

Après avoir campé sur le lieu du combat, nos troupes peuvent toutefois être ramenées le lendemain sans incident sur Dar el Beïda par la lisière est du Tafilalet; le 1 2 août, laissant une garnison à Tighmart3, la colonne s’installe à El Boroudj, où elle se retranche et où elle reçoit en renfort quelques unités prélevés en hâte sur le territoire de Bou Denib Mais le chérif occupe maintenant Sidjilmassa, où il règne en maître sur les districts du Tafilalet; la harka du Ferkla ne tardera pas d’ailleurs à venir faire sa jonction avec lui.

Les opérations de représailles. — Dès l’annonce du combat sanglant de Gaouz, le Résident général prend immédiatement ses dispositions pour parer à toute éventualité.

Il obtient d’abord du commandant en chef de l’Afrique du Nord l’envoi immédiat à Bou Denib de la compagnie saharienne de la Saoura, de la compagnie montée de Légion et de deux pelotons de spahis de Béchar; des ordres sont donnés en outre par l’Algérie pour que deux compagnies de tirailleurs soient embarquées d’urgence par la division d’Oran sur Colomb Béchar 5.

1 La compagnie montée de Légion, commandée par le capitaine Timm, a livré plusieurs contre-attaques furieuses et n’est finalement arrivée à se dégager qu’à la baïonnette. Groupés autour de leur chef deux fois blessé, et qui succombera la nuit suivante, ses débris rallieront d’abord les crêtes enlevées le matin au cours de la première phase du combat, puis rejoindront Tighmart en empruntant l’itinéraire suivi par le groupe mobile à l’aller.

Quant au bataillon Pochelu, des groupes épars réussiront à rallier également Tighmart à travers la palmeraie.

Le général Lyautey prescrit en même temps au général Poeymirau de diriger sur le sud par les voies les plus rapides un bataillon et un escadron 1.

Il suggère enfin au commandant de la région de Marrakech « qu’il serait peut-être intéressant de faire répandre par les Glaoua des bruits susceptibles d’inquiéter les Aït Atta » ; nos alliés n’ayant toutefois de moyens de pression directe que sur les Aït Atta de l’ouest, « qui n’ont peut-être que fort peu participé à la harka », il laisse le général de Lamothe libre d’interpréter à son gré les instructions reçues 2.

Pour le commandant en chef, le problème à résoudre actuellement n’a « d’autre solution qu’une défaite décisive des harka remettant dans notre main le Tafilalet, et liquidant la question pour longtemps ». Il faut éviter en effet de laisser peser plus longtemps sur le Maroc une menace continuelle, qui immobilise les effectifs et ajourne la réalisation du programme d’action envisagé au nord.

Le général Lyautey prescrit dans ces conditions que tous les moyens nécessaires seront mis en œuvre pour que l’effort à entreprendre a soit court et décisif »; il détache enfin auprès du lieutenant-colonel Doury le commandant de la subdivision de Meknès qui, muni de ces Instructions, donnera en son nom toutes orientations nécessaires3.

Le 21 août, ayant rejoint El Boroudj, le général Poeymirau envisage un prochain ravitaillement du poste de Tighmart qui « ne saurait, dit-il, être abandonné ». Mais il rend compte qu’il ne fera procéder à cette opération qu’après l’arrivée des renforts annoncés, c’est-à-dire à partir du 29, et sans « engager le groupe mobile dans l’intérieur de la palmeraie”.

Son but est en un mot « de régler la question de la façon la plus sûre et aux moindres frais » : il prescrit en conséquence d’installer le groupe mobile plus à proximité du Tafilalet pour être à même de châtier les ksour qui viennent de faire défection, et précise au commandant du territoire de Bou Denib que c’est seulement au cas où la harka s’opposerait au ravitaillement du poste de Tighmart qu’il y aurait lieu de chercher à la combattre en terrain libre et à la détruire.

En exécution de ce programme d’action l, le lieutenant-colonel Doury fait reconnaître un emplacement de camp à proximité du Tafilalet, et tenant sous son feu le Tizimi ainsi que les barrages qui permettent d’irriguer la palmeraie. Le poste de Tighmart lui ayant rendu compte, d’autre part, de ce qu’il était largement ravitaillé jusqu’au 1 o septembre, et en mesure de résister à toute attaque, il décide de retarder le départ de la colonne, et profite de ce répit pour s’installer sur sa base de départ et pour organiser le bombardement quotidien par l’aviation des ksour et de la harka ennemie 2.

C’est seulement lorsque ces diverses mesures de représailles commencent à faire sentir leur effet, et que l’on peut espérer une certaine désagrégation des forces de l’adversaire que le groupe mobile, renforcé et reconstitué, se met en mouvement. Des signes de lassitude ont été d’ailleurs relevés chez les populations filaliennes, que les exactions continuelles des harkas détachent peu à peu de ceux qui se donnent comme leurs protecteurs.

Le 6 septembre, à la tête de six bataillons, deux escadrons et six sections d’artillerie 3, le lieutenant-colonel Doury débouche d’El Boroudj, suit la lisière est du Tafilalet et, après avoir dispersé au prix de pertes légères4 les éléments adverses tentant de s’opposer à sa marche, dégage entièrement Tighmart.

Du 9 au 17, après avoir regagné sa base de départ sans recevoir un coup de fusil, la colonne procède à l’installation au Tizimi du camp provisoire qui, situé sur la rive droite du Ziz, à 4 kilomètres au sud d’El Boroudj, servira de base de ravitaillement au groupe mobile et comportera un terrain d’atterrissage pour son aviation.

L’évacuation de Tighmart. — Si, à la suite de cette affaire, la harka de Sidi el Haouari s’est dissociée et a regagné le Ferkla, par contre les Outre les renforts venus d’Algérie (cf. supra) et ceux qui ont été prélevés sur le groupe mobile de Meknès (1 bataillon mixte, 1 escadron et 1 batterie venus de Midelt), le groupe mobile s’est renforcé de toutes les disponibilités du territoire, où les bandes du chérif Si Moha N’Ifrouten ont pu se réfugier chez les Sefalat, au sud de la palmeraie, où elles restent menaçantes.

Mais le général Lyautey est décidé à « en finir avec les randonnées aventureuses D, et à se dégager a de ce guêpier du Tafilalet ». Se basant non seulement sur des considérations d’ordre militaire — en particulier sur les facilités de communications et de ravitaillement désormais ouvertes entre Bou Denib et Meknès, — mais aussi sur les conclusions que l’expérience de la dernière année lui a permis de tirer au point de vue politique, il rattache le territoire de Bou Denib à la subdivision de Meknès, et donne au général Poeymirau des directives encore plus précises1 : — le Tafilalet est une région dont la valeur économique est des plus médiocres et a où nous n’avons aucun intérêt à progresser. » ; – il est inadmissible, en tout cas, qu’il a vienne périodiquement peser sur l’ensemble du Maroc, et absorber ses ressources en effectifs et en moyens déjà trop réduites a; — du point de vue politique, ce pays représente évidemment un certain intérêt, étant « le berceau de la dynastie régnante et le centre d’informations de toutes les tribus du sud de l’Atlas» ; mais il suffira de le neutraliser en installant à sa périphérie « un poste d’écoute » fortement organisé.

Dans ces conditions, après avoir pris les sanctions rigoureuses que comportent les dernières défections des ksour, il y aura lieu de procéder à une réorganisation complète du territoire de Bou Denib, et d’adopter un dispositif basé sur « l’occupation d’un ouvrage extrêmement solide aux abords du Tafilalet » et permettant de réduire les effectifs actuellement dans le Sud.

Comme conséquence logique de cette nouvelle organisation, dont le rôle principal est de tenir le pays sous une menace constante, afin d’empêcher l’avenir ses turbulentes populations «de venir inquiéter les régions du Maroc et de l’Algérie où l’on travaille, où l’on cultive, où l’on produit », le poste de Tighmart, placé en pleine palmeraie, devra être évacué.

Le 15 septembre, le général Lyautey rappelle encore les répercussions que tous les incidents du Tafilalet ont eues depuis un an sur l’ensemble du Maroc, et l’arrêt imposé aux opérations dans le Nord, où il attendait « en septembre et en octobre des résultats décisifs en concordance avec les opérations de France J); il précise que l’essentiel est actuellement d’empêcher que ce «Tafilalet ne devienne une plaie ouverte par laquelle s’écoule toute la force vive » du corps d’occupation, et prescrit au général Poeymirau d’évacuer avant tout Tighmart le plus tôt possible 1.

Enfin le 11, il insistera à nouveau sur son intention de se « dégager de l’engrenage ouvert par le combat du 9 août », et sur la nécessité « d’envisager l’occupation de la zone désertique et improductive du sud du Grand Atlas avec la plus grande économie, en ne la regardant que comme une couverture purement défensive sur la ligne Bou Denib, Tizimi, Ksar es Souk 2.

Mais le 18 septembre, à peine arrivé sur place, le général Poeymirau a trouvé entre temps les troupes très éprouvées par une épidémie de grippe et par l’effort récemment fourni en pleine période de chaleur.

Ne laissant qu’un détachement de cinq compagnies et de deux sections d’artillerie à la garde du camp de Tizimi, il a décidé en conséquence de ramener la colonne à Bou Denib et de ne procéder à l’évacuation de Tighmart que lorsque le groupe mobile aura eu le temps de se refaire.

Le 2 1, il propose dans ces conditions au général Lyautey le programme suivant : 1° Exécution de représailles préalables sur les Tafilaliens (bombardement de ksour; interdiction de l’importation du sucre et du mouvement des travailleurs de ou vers l’Algérie ; destruction du barrage du Ziz alimentant la palmeraie en eau) ; 3° Reconstitution du groupe mobile au camp de Tizimi, dès que l’état sanitaire le permettra ; 3° Exécution du repli du poste de Tighmart.

Une fois débarrassé de ce « boulet de Tighmart », il ne laissera qu’un poste en bordure du Tafilalet, et procédera ainsi qu’il suit à la nouvelle répartition d’ensemble des forces du territoire : une moitié au camp de Tizimi, un quart à Bou Denib, un quart dans les garnisons de Ksar es Souk, Gourrama et Rich. Le commandant en chef approuve aussitôt ce programme et l’évacuation de Tighmart est ainsi effectuée du 6 au 15 octobre.

Pour détourner l’attention de l’adversaire, le général Poeymirau exécute d’abord une feinte sur les Oulad Saîdane, à qui il livre, le 7, un combat victorieux en pleine palmeraie, et réduit par le canon les ksour de toute cette région.

Marchant ensuite par la lisière est du Tafilalet, il se porte sur Dar el Beïda, et bouscule, le 11, les éléments adverses qui tentent de lui barrer le passage; le i5, avec l’appui d’une escadrille et d’une section d’aviation, il enlève ce ksar et les jardins environnants, que l’adversaire, solidement retranché, ne se décide à abandonner qu’après un combat de quatre heures.

Le poste de Tighmart est évacué le même jour, sans incident, au moyen de 45 arabas et de 1.200 animaux.

Rentré au Tizimi, le général Poeymirau résout alors la question du « poste d’écoute » prévu en bordure du Tafilalet au moyen d’une « solution plus élégante » que celle envisagée jusqu’ici : les dernières reconnaissances ont établi en effet qu’El Maadid ou le Tizimi «ne font pas partie du Tafilalet »; l’occupation de Dar el Beîda, envisagée un moment, a dû être écartée également, en raison des difficultés rencontrées pour l’alimentation en eau du poste à créer en ce point.

C’est Erfoud qui répond le mieux aux conditions exigées, car ce piton tient sous son feu non seulement le barrage du Ziz, mais encore la palmeraie elle-même ; il commande donc l’ensemble de la région, et une garnison de trois compagnies et d’une section d’artillerie sera suffisante pour le tenir 3.

En définitive, nos troupes ont infligé une forte leçon à l’adversaire, dont les pertes sont évaluées à plus de 1.000 tués au cours des combats du 11 et du 15 octobre; une dizaine de ksour ont été en outre détruits, soit par l’aviation, soit par l’artillerie; les eaux du Ziz ont été détournées enfin dans l’oued Amerbouch, après la destruction du barrage. 1 x j Le 18 octobre, le lieutenant-colonel Mayade est placé au commandement effectif du territoire. Exploitant à fond les résultats acquis, il crée le poste d’Erg Yacoub, sur la rive gauche du Ziz, pour relier Erfoud à Ksar es Souk, et prend toutes les dispositions nécessaires pour que, « sous l’action combinée des interdictions de sucre, de sortie des travailleurs et de l’installation à Erfoud, le Tafilalet se sente à notre merci ».

Pareille activité s’impose d’autant plus, écrit le général Lyautey, que « les succès décisifs remportés en Europe sur l’Allemagne » mettent désormais celle-ci hors de cause .

Basé en outre sur la plus stricte économie des forces, le nouveau dispositif permettra le retrait prochain des effectifs détachés dans le Sud, et leur envoi sur le front Nord, où l’élargissement du couloir de Taza et la réduction du Moyen Atlas restent les objectifs politiques et militaires essentiels du Résident général .

Source : Tafilalet , Les armées françaises dans la Grande guerre. Tome IX. 9,3Bibliothèque nationale de France, État-major des armées. Service historique

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