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Propos sur le tragique

Article écrit par :Mohsine KHROU
Depuis les premières étincelles de l’humanité et dans le dessein d’exprimer implicitement ou explicitement ses attentes, ses souffrances ses espoirs, l’homme a inventé de diverses voies desquelles on répertorie la littérature, l’art, la philosophie avec ses différents thèmes en l’occurrence : le tragique.
La mort, la fatalité, le désespoir, la haine, la souffrance la vengeance, etc., sont des thèmes réunissant à bien des égards la pensée tragique. De là, l’homme revendique tacitement et naturellement sa liberté, car, être figé à sa place peut signifier l’esclavagisme, sinon la mort symbolique. Le tragique est désormais considéré comme l’un des thèmes les plus sensibles quant à la pensée humaine, car il s’agit d’une grande interrogation littéraire et philosophique par laquelle on peut penser bien d’autres questions. Pour ce faire Nietzsche disait : « La blessure stimule et redonne courage » , et il reprend « le coup qui ne me tue pas me fortifie ». C’est grâce à cette blessure que nous pouvons s’améliorer, travailler et faire plus d’efforts dans la vie quotidienne.
Sans souffrance, personne ne peut grandir. Le courage nait du malheur et de l’amertume de la vie. L’homme est la seule face dans vie, et les possibilités de choisir, dans la vie, sont diverses. Quand on est doué d’un monde, et d’une vie où tout est déjà réalisé, on ne peut rien construire ni ajouter.
Néanmoins, la vie tragique permet à l’être de créer, et de produire un monde-autre, où l’imagination et la création se mêlent pour donner naissance à une impureté cohérente. Voilà ce qui peut sauver notre monde selon Nietzsche : c’est l’art.
La vie est loin d’être une tragédie où tout se répète et se refait. Elle est loin aussi d’être une règle constante et stagnante. Tout est à refaire et à reconstruire. Rien n’est stable. La règle se fait en marchant, et le chemin s’invente d’âge en âge. Effectivement, la tragédie est une explication de l’univers non pas avec le logos mais moyennant le pathos. C’est la raison pour laquelle on dit que le texte tragique a une portée métaphysique.
Dans son ouvrage Métaphysique de la tragédie Georg Lukacs disait : « La tragédie est un jeu ……un jeu dont Dieu est le spectateur et jamais sa parole ou ses actes ne se mêlent aux paroles et aux gestes des acteurs ».
Cette citation explique à bien des égards la notion du tragique dont Dieu est regardeur et nous, nous somme des regardés, ce là revient à dire que Dieu ne fait pas partie de la situation tragique du monde, il est seulement contemplateur, il est or le cercle tragique dans lequel l’homme est jeté. De là on peut parler du sens philosophique du tragique humain qui ne cesse d’accabler l’esprit de ces dramaturges. Le tragique n’a pas une structure formelle mais la tragédie est une finalité en elle-même.
Dans cette perspective, Lucien Goldmann a mis en évidence la notion du tragique qui se concrétise à travers la vision du monde. Il développe le sens tragique qui sera lieu mis en connections avec un certain nombre de faits politiques et surtout l’évolution des charpentes sociales et du coup, elles se traduisent par des fluctuations d’attitude qui se retrouveront dans les avatars politico-spirituelles.
Dieu tragique, le monde tragique, l’homme tragique.
Il va sans dire que l’être humain) la fois tragique et pathétique sur tous les niveaux. Tragique dans le sens où se découvre dans un univers à la fois logique mais incompréhensible dans la fin à cause de l’imperfection humaine et d’autre part, ce qui seul peut conférer un sens à la vie : c’est à dire la perfection divine, échappe à la vie, caché. La présence divine semble être refusée à l’homme définitivement pécheur. L’idée du Dieu caché est fondamentale dans la vision tragique, c’est elle qui commande toute la structure mentale des auteurs tels que Pascal et Racine, tout comme elle est au centre des spéculations théologiques des jansénistes.
Cet effacement de Dieu est évoqué par Pascal en ces termes, dans la citation suivante :
« S’il n’avait jamais rien paru de Dieu, cette privation éternelle serait équivoque, et pourrait aussi bien se rapporter à l’absence de toute divinité, qu’à l’indignité où seraient les hommes de le connaître ; mais de ce qu’il paraît quelquefois, et non pas toujours, cela ôte l’équivoque ».
La pensée pascalienne est une pensée paradoxale “il ne dit jamais oui ou non, mais toujours oui et non” en même temps.
Le Dieu caché est “pour Pascal un Dieu présent et absent”… « Toujours présent et toujours absent ».
A l’égard de ce sujet, la pièce théâtrale, de Becket, En attendant Godot, le personnage Vladimir s’interroge comme telle :
« Que faisons-nous ici, voilà ce qu’il faut demander » Voilà l’homme confronté à la faillite des croyances du passé, alors, le non-sens de l’existence, la rupture totale et nette avec la métaphysique : la religion, la mort de Dieu Alors et tant de notions nous amènent à repenser le monde autrement.
Nous pouvons déduire que le tragique de l’homme, se mise entre les mains de l’homme, et tout homme pose cette question de l’existence tragique. Car jusqu’à maintenant la vérité dans le sens philosophique n’est pas encore résolue. Autrement dit, puisque l’homme ne sait pourquoi il est né ni sa destinée sur la terre, il est victime et il reste un être tragique.
La question de sens du tragique, alors est une problématique qui confronte toute personne dans la vie. Même que les opinons traitant de ce sujet pullulent, de jour au jour, et peut être de l’instant à l’autre cette question, n’aura jamais une réponse finale. Car, et la religion, et la philosophie, et même les hommes ordinaires peuvent poser et reposer cette question ce qui nous donne, partant, une panoplie de réponses qui s’entrecroisent.

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